
Un décor de désolation s’installe durablement dans le territoire d’Isangi situé à 125 km de Kisangani, en aval du fleuve Congo dans la province de la Tshopo. Depuis la mi-mars, la montée spectaculaire des eaux du fleuve Congo et de la rivière Lomami a plongé plus de vingt mille familles dans une crise sans précédent.
De nombreux villages, tels que Yandjadi, Yaliomna, Yangowa ou encore Yaikela, sont aujourd’hui littéralement engloutis.
Selon le bureau local des affaires humanitaires, le bilan est lourd : plus de vingt mille familles sont sinistrées. À Isangi-Centre, la vie est quasiment à l’arrêt. Toutes les voies d’accès sont coupées, isolant la cité du reste de la province. Sur place, l’inquiétude grandit face à une situation socio-sanitaire jugée dramatique.
Ecoles et hôpitaux affectés
Joseph Bassay, chef de division provinciale de l’éducation par intérim, décrit le désastre :
« Il y a d’autres écoles qui sont inondées, difficile de continuer avec les cours parce qu’avec cette situation c’est-à-dire traverser plusieurs fois avant d’arriver à l’école, le problème d’accès à l’eau, le problème d’hygiène avec des latrines, les gens qui défèquent dans l’eau, qui boivent la même eau… »
Le cri d’alarme de Joseph Bassay résonne comme un dernier avertissement. Au-delà des infrastructures scolaires et administratives touchées, c’est le spectre des épidémies et de la famine qui guette désormais la population d'Isangi.
Face à l’impuissance des autorités locales, il lance un SOS auprès du Gouvernement central et des partenaires humanitaires. L’objectif : coordonner des actions d’urgence immédiates pour secourir les milliers de sans-abris, avant que le bilan humain ne s'alourdisse de façon irréversible.








