Le Potentiel : « Loi sur le référendum : volonté de combler un vide juridique datant de 2005 »

Revue de presse kinoise du jeudi 28 mai 2026.

La plupart des journaux kinois parus ce jeudi s’intéressent au début du débat sur la proposition de loi référendaire à l’Assemblée nationale.

Le Potentiel confirme que les discussions sur l’examen de la proposition de loi relative au référendum en République démocratique du Congo se tiennent actuellement à la chambre basse du Parlement. Ce quotidien souligne que cette proposition a été inscrite en priorité à la plénière du mercredi 27 mai 2026, parallèlement à d’autres matières : l’examen et l’adoption du projet de loi sur le contenu local en RDC, l’examen et l’adoption du projet de loi fixant les règles applicables à la sous-traitance, la présentation du rapport annuel de la CENI, ainsi que celle du rapport annuel du CSAC. Dès l’entame, fait remarquer ce journal, cette proposition a provoqué une bipolarisation de l’hémicycle entre les partisans et les opposants à la réforme constitutionnelle. Après le départ de l’opposition de la salle du Congrès, souligne ce tabloïd, le débat sur cette proposition de loi « controversée » s’est poursuivi sans relâche. Au terme des discussions, révèle Le Potentiel, le texte a été envoyé à la Commission politique, administrative et judiciaire (PAJ) pour examen approfondi.

Selon Infos 27, par ce retrait, l’opposition entend dénoncer ce qu’elle qualifie de « passage en force » de la majorité présidentielle sur une question institutionnelle jugée sensible. Face à cette démonstration politique, rapporte ce quotidien, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a choisi la fermeté : « Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière », a-t-il lancé devant les députés. Cette réponse sèche traduit, selon le portail, la volonté de la majorité de poursuivre l’examen du texte malgré l’absence du seul groupe parlementaire d’opposition représenté dans l’hémicycle. Dans leur déclaration politique, signale ce tabloïd, les élus d’Ensemble pour la République ont estimé que le contexte national ne permettait pas d’ouvrir un débat sur le référendum.

A propos du départ des députés de l’Ensemble, conduits par Christian Mwando, Le Phare rapporte que le président de l’Assemblée nationale a tenu à recadrer les choses afin d’éviter toute confusion : « L’Assemblée nationale légifère mais n’organise pas de consultation. La Constitution elle-même a prévu le référendum. Et pour en définir les modalités pratiques, une loi est nécessaire, à l’instar de la loi électorale également prévue par la loi fondamentale. Il n’y a donc aucune violation de la Constitution, ni forcing de la majorité. » Après ces explications, précise ce quotidien, la plénière s’est poursuivie avec la majorité des élus présents. Après toilettage, rappelle ce tabloïd, la Commission rendra son rapport à la plénière en vue de l’adoption définitive de la loi, avant son envoi au Sénat pour le même exercice.

La Référence Plus écrit que la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale a déclaré recevable, mercredi 27 mai, la proposition de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo, initiée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, sous réserve de plusieurs amendements. Selon ce quotidien, cette étape marque une avancée importante pour un texte qui suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la classe politique, notamment en raison du rôle prépondérant accordé au président de la République dans le processus référendaire et dans une éventuelle révision constitutionnelle. La proposition de loi prévoit que le pouvoir de convoquer un référendum revient exclusivement au chef de l’État, par ordonnance présidentielle. Ce tabloïd signale également que le texte prévoit qu’en cas de dysfonctionnement majeur des institutions, le président de la République peut mettre en place une commission nationale multidisciplinaire de réflexion chargée d’identifier les dispositions constitutionnelles jugées inadaptées.

Pour sa part, Forum des As rapporte que le groupe parlementaire d’opposition « Ensemble » a annoncé, mercredi 27 mai, sa décision de suspendre sa participation aux plénières consacrées à l’examen et au vote de la proposition de loi sur l’organisation du référendum. Dans un communiqué officiel lu par son président, Christian Mwando, l’opposition dénonce ce qu’elle considère comme une procédure précipitée et biaisée. Selon elle, poursuit ce quotidien, la méthode adoptée pour l’adoption de cette loi ne respecte pas les principes démocratiques et risque d’affaiblir le processus législatif. Forum des As estime que cette décision marque un tournant dans les débats parlementaires sur le référendum, déjà source de vives tensions entre majorité et opposition.