Circulation sur les trottoirs à Kinshasa : un risque quotidien pour les piétons

À Kinshasa, marcher sur un trottoir n’est plus forcément synonyme de sécurité. Dans plusieurs artères de la capitale congolaise, les espaces réservés aux piétons sont progressivement envahis par les véhicules et les motos, au grand désarroi des passants, a constaté jeudi 29 mai, un reporter de Radio Okapi.

Interrogés par Radio Okapi, plusieurs usagers de la route ont tiré la sonnette d’alarme. Tous dénoncent une situation devenue préoccupante : les trottoirs se transforment peu à peu en voies de circulation improvisées.

Pour de nombreux piétons, circuler à pied dans la ville relève désormais du parcours du combattant. Contraints de partager leur espace avec les voitures et les motos, ils disent se sentir exposés en permanence au danger.

La plupart du temps, ce sont des véhicules de transport en commun qui, pour échapper aux embouteillages, quittent la chaussée et roulent sur les trottoirs, parfois à vive allure. Klaxons assourdissants, dépassements dangereux et passages forcés obligent les piétons à se coller aux murs pour éviter d’être éraflés.

Cette situation transforme chaque déplacement à pied aux abords des grandes avenues en une véritable épreuve.

« Il faut marcher en regardant dans toutes les directions. Sinon, à la moindre distraction, on se fait érafler soit par une moto, soit par un bus ou un taxi », raconte un habitant de Kinshasa rencontré sur l’avenue Colonel Mondjiba.

Sur le boulevard du 30 Juin, un autre piéton explique que même les passages piétons ne sont pas respectés. Selon lui, certains conducteurs ignorent également les feux de signalisation.

« Ici, les gens n’ont pas l’habitude de respecter les règles de circulation. Une fois arrivé sur le boulevard pour traverser, je ne savais même pas où mettre les pieds », déplore-t-il.

Les taximen motos sont particulièrement pointés du doigt par plusieurs passants. D’après eux, ces conducteurs se faufilent partout, quittent la chaussée et foncent au milieu des foules de piétons, klaxonnant sans cesse.

Pour certains usagers de la route, la responsabilité incombe autant aux chauffeurs qu’aux autorités, accusées de ne pas faire respecter le code de la route.

« C’est un espace réservé aux piétons. Lorsqu’ils l’envahissent, cela crée un risque permanent d’accidents. Le gouvernement doit assurer un suivi constant pour faire respecter les règles », estime une passante.

Entre l’absence de régulation stricte et l’indiscipline de certains conducteurs, la cohabitation entre véhicules et piétons reste chaotique dans plusieurs coins de la capitale.