Quatre agents de la Croix-Rouge engagés dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola ont été grièvement blessés, lundi 1er juin, au cimetière de Nyamurongo, à Bunia (Ituri), lors d'échauffourées survenues pendant l'enterrement d'une personne décédée de la maladie. Ces incidents ont éclaté lorsque des jeunes en colère ont tenté d'ouvrir de force le cercueil du défunt. Des leaders sociopolitiques et religieux condamnent fermement ces actes qui entravent les efforts de riposte sanitaire.
Les faits se sont déroulés aux environs de 15 heures au cimetière de Nyamurongo, situé dans le quartier Simbilyabo. Des centaines de personnes s'étaient rassemblées pour assister à l'inhumation d'un homme décédé des suites du virus Ebola.
Avant la mise en terre, certains collègues du défunt ainsi que des jeunes de la communauté ont exigé l'ouverture du cercueil. Ils souhaitaient s'assurer de la présence effective du corps de leur proche. Face au refus des secouristes de la Croix-Rouge chargés de procéder à un enterrement sécurisé, la situation a rapidement dégénéré en violences physiques.
Dans le cadre de la prévention de la propagation de la maladie à virus Ebola, les autorités sanitaires ont interdit toute exposition du corps ainsi que tout contact direct avec les personnes décédées de cette maladie. C'est pour faire respecter ce protocole que les agents de la Croix-Rouge étaient présents lors de l'inhumation.
Alors qu'ils tentaient d'expliquer ces mesures préventives à la population présente aux funérailles, les volontaires ont été violemment pris à partie par une foule qui refusait d'entendre leurs explications. Quatre d'entre eux ont été grièvement blessés au cours des affrontements.
Selon plusieurs témoins, certaines personnes ont finalement réussi à ouvrir le cercueil, exposant ainsi le corps du défunt et augmentant les risques de propagation du virus au sein de la communauté.
L'impact d'une vidéo virale sur les réseaux sociaux
Une fausse information est à l'origine de ces heurts. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux affirmait que le cercueil transporté par les équipes médicales était vide.
Plusieurs acteurs sociopolitiques et députés provinciaux qualifient cet incident de très dangereux pour la santé publique. Ils rappellent qu'il est inacceptable de s'en prendre à des agents qui risquent leur vie pour protéger la communauté.
« Respectons le corps médical, puisque même au sein du corps médical, il y a des victimes. Ebola s'attaque à tout le monde », insiste Jean-Pierre Bikilisende, notable et député provincial de l'Ituri.
Face à la gravité de la situation, les leaders d'opinions appellent la population locale à une prise de conscience immédiate. Par ailleurs, des sources concordantes indiquent qu'une personne ayant touché la dépouille du défunt est actuellement placée en quarantaine afin de prévenir tout risque de contamination.








