L’évêque de Butembo-Beni dénonce la « légèreté » des autorités face à l’insécurité à Beni

 

Au Nord-Kivu, l’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Beni. Dans un message officiel rendu public mercredi 3 juin, le prélat catholique dénonce ce qu’il qualifie de « légèreté » dans la prise en compte des préoccupations sécuritaires de la population, alors qu’une cinquantaine de civils ont été tués entre le 30 mai et le 6 juin.

Dans sa déclaration, l’évêque exprime d’abord sa compassion à l’endroit des familles endeuillées, avant de pointer un décalage préoccupant entre les urgences vécues sur le terrain et les priorités affichées au niveau politique.

« Le décalage entre les préoccupations sécuritaires de la population et les priorités de la classe politique congolaise » est, selon lui, de plus en plus manifeste.

Mgr Sikuli Paluku Melchisédech revient sur les violences récurrentes qui frappent son diocèse, notamment les attaques attribuées aux rebelles des ADF. Il évoque en particulier le massacre de civils survenu à Mbau, ainsi que d’autres violences enregistrées dans les localités de Biakato et Makumo.

Au-delà des zones rurales, l’évêque s’inquiète également de la montée du banditisme urbain dans les villes de Butembo et de Beni, où l’insécurité prend des formes de plus en plus diverses.

Selon lui, cette instabilité persistante a des répercussions graves sur plusieurs secteurs clés de la vie sociale, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture et l’élevage, déjà fragilisés par des années de conflit.

Des priorités politiques remises en question

Dans son message, le prélat catholique critique l’orientation actuelle des priorités politiques au niveau national. Alors qu’une partie du territoire reste sous occupation et que les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri continuent de subir des massacres, il estime que l’attention des dirigeants semble davantage focalisée sur le projet de changement de la Constitution.

Une situation qu’il juge en décalage avec les attentes réelles des populations affectées par l’insécurité :

« Nous voulons d’abord la paix », insiste-t-il.

Face à cette situation, l’évêque de Butembo-Beni appelle le Président de la République, les parlementaires ainsi que les forces de défense et de sécurité à faire de la restauration de la paix une priorité absolue.

Il plaide notamment pour :

  • la protection effective des populations civiles
  • le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées
  • la défense de l’intégrité territoriale

Mgr Sikuli invite les Congolais à faire preuve de vigilance et de maturité politique, soulignant que la paix, la justice et la réconciliation constituent les bases indispensables du développement et de la cohésion nationale.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte marqué par des violences récurrentes dans l’est de la RDC, où les appels à une action plus ferme des autorités se multiplient.

Dans la nuit de samedi à dimanche 31 mai 2026, au moins 19 civils ont été tués après une attaque attribuée aux ADF, à Ngadi, un quartier périphérique de la commune de Rwenzori, situé à environ 7 kilomètres du centre-ville de Beni (Nord-Kivu).

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