Phénomène Mobondo : plus de 100 femmes déplacées bénéficient d’une boulangerie à Menkao

À Menkao, un quartier situé dans la commune rurale de Maluku, en périphérie de Kinshasa, plus de 100 femmes déplacées internes retrouvent progressivement le chemin de la réinsertion socio-économique grâce à une boulangerie artisanale équipée, à forte capacité de production, désormais opérationnelle.

Inaugurée samedi 6 juin, cette unité de production a été officiellement ouverte par l’ambassadeur du Japon en RDC, Ogawa Hidetoshi, en présence des ministres des Droits humains et du Genre, Famille et Enfant. Ce projet est financé par le gouvernement japonais en collaboration avec le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH).

Ces femmes, originaires du Maï-Ndombe, ont fui les violences liées aux milices Mobondo, perdant leurs habitations et leurs moyens de subsistance.

Au cœur de cette initiative, la boulangerie se distingue par sa capacité de production importante, qui ouvre des perspectives concrètes d’autonomisation. Selon Marie Kalema, coordonnatrice de l’ONG AFLA chargée de l’encadrement des bénéficiaires, l’unité est capable de produire 300 pains toutes les 15 minutes.

Une performance qui permet non seulement d’assurer un approvisionnement régulier en pain pour la communauté, mais aussi de générer des revenus pour ces femmes désormais engagées dans une activité génératrice de revenus.

Cette capacité de production constitue un levier essentiel pour leur réinsertion, en leur offrant une activité stable et durable.

Une boulangerie, symbole de résilience

L’inauguration de cette infrastructure a été marquée par une forte émotion. Le ruban symbolique coupé par l’ambassadeur du Japon a été accueilli par des cris de joie des bénéficiaires.

Pour Blandine Kasodi, représentante des femmes déplacées, cette boulangerie représente bien plus qu’un simple outil de travail :

« Pendant longtemps, nous nous sommes senties oubliées. Quand on perd sa maison et son champ, on perd aussi sa dignité. Mais aujourd’hui, en voyant cette boulangerie, nous sentons que nous existons. Ces pains que nous produisons ici nous donnent de l’espoir ».

Un engagement international en faveur des femmes vulnérables

Pour l’ambassadeur du Japon, ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de promotion des droits des femmes et de consolidation de la paix :

« Nous sommes convaincus que la protection des femmes et des filles contre les violations des droits humains est essentielle pour construire les bases d’un développement durable et de la paix, dans un contexte marqué par la récurrence des conflits armés en RDC », a déclaré Ogawa Hidetoshi.

De victimes à actrices de développement

Prenant la parole lors de la cérémonie, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a salué une initiative qui transforme profondément la vie des bénéficiaires :

« Cet outil fait désormais de ces femmes des actrices de développement et non plus des victimes ». 

Grâce à cette boulangerie, les bénéficiaires acquièrent des compétences professionnelles, retrouvent leur autonomie financière et participent activement à l’économie locale.

Un modèle à pérenniser

À Menkao, cette boulangerie artisanale apparaît aujourd’hui comme un modèle de réinsertion réussie, fondé sur la formation, la production et l’autonomisation économique.

Avec une capacité de production significative et un impact social tangible, ce projet illustre comment des initiatives ciblées peuvent contribuer à redonner dignité et espoir à des populations affectées par les conflits.

Dans son message d’encouragement, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba a conseillé aux femmes bénéficiaires de faire bon usage de cet outil de travail afin de passer du statut de victimes à celui d’actrices économiques.

Le ministre Samuel Mbemba a également salué l’excellence de la coopération bilatérale entre la RDC et le Japon, ainsi que le partenariat avec le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme.

Il a par ailleurs souligné qu’au Maï-Ndombe, au Kwango, au Kwilu et au Plateau de Batéké, les victimes de la crise Mobondo sont nombreuses et ont besoin de tels projets combinant :

  • la protection ;
  • l’assistance aux personnes vulnérables ;
  • le renforcement des capacités locales ;
  • la promotion de solutions durables.

 

Lire aussi sur radiookapi.net: