Marche des avocats à Mbuji-Mayi contre l'agression présumée de leur confrère par un officier militaire

Les avocats du barreau de Mbuji-Mayi ont organisé, jeudi 11 juin, une marche de protestation pour dénoncer les violences présumées subies par l'un de leurs confrères lors d'un incident impliquant un officier de la 21ᵉ région militaire.

Partis de l'auditorat supérieur militaire, les manifestants ont parcouru près de 10 kilomètres jusqu'au cabinet du gouverneur du Kasaï-Oriental, où ils ont déposé un mémorandum demandant que justice soit rendue.

Selon la plainte déposée par le bâtonnier, les faits remontent au samedi dernier devant la poste, dans la commune de la Muya.

Passage à tabac

L'avocat concerné faisait nettoyer son véhicule lorsqu'il aurait, en manœuvrant, roulé accidentellement sur une enveloppe usée de pneu appartenant à un colonel de la 21ᵉ région militaire, également présent sur les lieux.

Des témoins rapportent que l'avocat serait immédiatement descendu de son véhicule pour présenter ses excuses et proposer de remplacer l'objet en cas de dommage. La situation aurait toutefois rapidement dégénéré.

D'après les éléments contenus dans la plainte, deux gardes du corps du colonel auraient d'abord brutalisé l'avocat avant que l'officier ne leur ordonne de le passer à tabac.

Le dossier fait également état d'un bref enfermement de l'avocat dans le coffre d'un véhicule.

La plainte évoque en outre des propos à connotation tribale ainsi que des menaces de mort qui auraient été proférées à son encontre par le colonel mis en cause.

Le barreau réclame le respect de la procédure

Malgré l'interpellation de l'officier concerné, les avocats du barreau de Mbuji-Mayi estiment que l'affaire doit suivre son cours devant la justice.

À travers leur mémorandum, ils exigent que leur confrère soit rétabli dans ses droits et que les responsabilités soient établies conformément à la loi.

Les manifestants ont également appelé les autorités provinciales et militaires à garantir la protection des auxiliaires de justice ainsi que le respect des libertés fondamentales dans l'exercice de leurs fonctions.

Les avocats affirment rester mobilisés jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l'incident et que les conclusions de la procédure judiciaire soient connues.