Derrière les chiffres du conflit au Nord-Kivu se cachent des destins brisés par des décennies de violence. C'est le cas d'une mère de sept enfants, déplacée de guerre, dont le parcours illustre le calvaire quotidien des populations civiles. Ayant fui les affres de la guerre dans le sud du territoire de Lubero en 2011 pour chercher refuge à Goma, où elle fait face, à une résurgence de la misère et aux traumatismes liés aux affrontements, en janvier 2025, aux abords de la chef-lieu de la province.
À son arrivée à Goma, la vie de déplacée s'est rapidement transformée en un combat quotidien pour la survie. Afin de nourrir sa famille, cette mère a dû marcher des journées entières à l'intérieur du Parc National des Virunga, au péril de sa vie, pour collecter du bois et revendre de la braise.
Sa situation s'était temporairement stabilisée grâce à l'association « Femmes du Soleil ». Cette structure, qui encadre les femmes démunies, lui a appris à fabriquer des braseros écologiques, lui procurant ainsi une autonomie financière. Cependant, l'escalade sécuritaire actuelle a totalement asphyxié ce commerce de subsistance, l'association n'arrivant plus à écouler ses produits auprès d'une clientèle elle-même appauvrie par la crise a la suite de la prise de la ville par la rébellion de l’AFC/M23.
Rattrapée par la guerre et les traumatismes
Pour cette femme, le conflit actuel ravive des blessures psychologiques profondes et efface des années d'efforts d'intégration urbaine. Elle lance un appel pressant aux autorités congolaises pour qu'elles s'activent à restaurer une paix durable :
« Chez nous au village, nous avions beaucoup souffert de la guerre. Lorsqu’il y a des combats au village, les hommes armés emportent tout ce qu’on a comme élevage. Nous avons tout abandonné, nos champs, ils ont consommé le bétail, nous sommes restés mains vides. Pendant que nous commencions à nous habituer à la vie de la ville, la guerre est arrivée à Goma aussi et nous a replongés dans notre situation initiale. Et là, nous ne savons plus quoi faire. Nous avons fui la guerre au village, et nous retrouvons la guerre ici aussi… Ce que nous pouvons demander aux autorités, c’est de ramener la paix, que la vie redevienne normale car pour le moment il n’y a pas d’emploi. Nos enfants n’ont plus rien ».
Cette mère de famille exhorte l’ensemble des acteurs impliqués dans les hostilités à déposer les armes et à choisir définitivement la voie du dialogue, rappelant avec gravité que cette instabilité chronique marque psychologiquement les populations à vie.








