
Après avoir passé près de 48 heures à Mbuji-Mayi, le jeune cycliste congolais Miguel Masaisai, 25 ans, est en route ce lundi 13 juillet en direction de Kananga, dans la province du Kasaï-Central. Parti de Goma avec pour ambition de rejoindre Rabat, au Maroc, à vélo, il porte un message de paix, d’amour, d’unité et de cohésion nationale à travers son initiative baptisée « Pedals for Peace » (« Des coups de pédale pour la paix »).
Son passage dans la capitale du Kasaï-Oriental a suscité un vif intérêt parmi les jeunes. Entre admiration, espoir et interrogations, nombreux sont ceux qui se sont rassemblés pour échanger avec lui sur la grande place de Bonzola, dans la commune de Kanshi.
Durant son séjour, Miguel Masaisai a multiplié les rencontres avec les jeunes de la ville, partageant sa vision d’un Congo uni où chaque citoyen contribue à la consolidation de la paix. Son message a trouvé un écho particulier auprès d’une jeunesse en quête de repères et de perspectives.
« La paix, c’est chacun de nous. C’est ce qu’on décide de faire, même à petite échelle », ont confié certains participants à la rencontre.
Pour plusieurs jeunes présents, le passage de Miguel a ravivé l’envie de s’impliquer davantage dans la construction d’un avenir meilleur pour le pays. Ils voient dans son initiative la preuve que la jeunesse congolaise est capable de porter des projets fédérateurs malgré les difficultés du quotidien.
« Ce qu’il fait, c’est incroyable. Ça montre que nous aussi, on peut changer les choses. Moi, ça m’inspire, mais ça me fait peur aussi. On veut la paix, mais on manque d’opportunités. On ne sait pas si nos rêves vont tenir », témoigne un jeune de Mbuji-Mayi.
Un symbole d’engagement pour la jeunesse
Au-delà de l’exploit sportif, nombreux sont ceux qui considèrent son aventure comme un symbole d’engagement citoyen. À seulement 25 ans, le jeune cycliste parcourt des milliers de kilomètres pour sensibiliser à la paix et à la cohésion nationale.
« Voyager seul à 25 ans demande un courage exceptionnel. La paix n’a pas d’âge », estime un autre participant.
Cependant, les échanges ont également permis aux jeunes d’exprimer leurs préoccupations. Chômage, manque d’opportunités, insécurité et absence d’espaces d’expression figurent parmi les principales difficultés évoquées. Si le message de Miguel les inspire, il met également en lumière les frustrations auxquelles ils sont confrontés.
« Miguel nous motive, mais ici, nous n’avons pas suffisamment d’espaces pour nous exprimer. Nous voulons participer, mais nous ne savons pas toujours par où commencer », déplore une jeune participante.
En route vers Rabat
Sac au dos et vélo en main, Miguel Masaisai a poursuivi son périple vers Kananga, prochaine étape de son aventure qui doit le conduire jusqu’à Rabat, au Maroc. Derrière lui, il laisse une jeunesse touchée par son message et déterminée à réfléchir à son rôle dans la construction de la paix.
À Mbuji-Mayi, les rencontres qu’il a initiées continuent d’alimenter les discussions sur les réseaux sociaux. Pour de nombreux jeunes, son passage rappelle que la paix ne se construit pas uniquement dans les institutions, mais aussi à travers des actions individuelles, des gestes de solidarité et l’engagement de chacun.
Si Miguel poursuit sa route sur deux roues, son message, lui, continue de parcourir les esprits et les cœurs de ceux qu’il rencontre tout au long de son voyage.








