L’épidémie d’Ebola fragilise la santé maternelle en Ituri, alerte l'UNFPA

En Ituri, l’épidémie d’Ebola ne frappe pas seulement les malades infectés : elle crée également un drame silencieux chez les femmes enceintes. Depuis le début de l'épidémie dans la province, 109 décès maternels évitables ont été enregistrés. L’alerte a été donnée par le Représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en RDC, Alain Akpaki, à l'issue d'une audience accordée mercredi 22 juillet par le gouverneur de province à Bunia.

Cette mortalité élevée s'explique par la perturbation directe subie par les services de santé essentiels, en particulier le suivi des grossesses et la réalisation des accouchements assistés par du personnel qualifié.

Moins de sages-femmes et crainte du virus dans les structures de soins

L’UNFPA constate une baisse marquée des accouchements encadrés par des professionnels de santé. Deux facteurs majeurs expliquent ce recul. Il s’agit de la mobilisation des effectifs : la réorientation de nombreux agents de santé vers les équipes de riposte contre la maladie à virus Ebola. A cela s’ajoutent les inquiétudes sécuritaires : la crainte légitime des soignants et des patientes face au risque de contamination au sein des structures sanitaires.

Déploiement massif et soutien renforcé aux structures locales

Pour enrayer cette mortalité maternelle évitable et garantir la continuité des soins primaires, l’UNFPA s’engage à intensifier sa réponse sur le terrain.
Alain Akpaki détaille les mesures d'urgence arrêtées en concertation avec les autorités provinciales:

« Nous sommes très concentrés sur cette question, et surtout le déploiement massif des sages-femmes. Nous avons rassuré Son Excellence que, en collaboration avec tous nos partenaires, nous pouvons augmenter le déploiement des sages-femmes pour que vraiment la continuité des services puisse être assurée. »

En complément de cet apport en ressources humaines qualifiées, l'agence onusienne prévoit de fournir des équipements médicaux adaptés, de former les acteurs de santé locaux et d'installer des mécanismes de protection sanitaire renforcés afin d'assurer des accouchements sécurisés à travers toute la province.
 

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