Derrière les chiffres de l’épidémie d’Ebola en Ituri se cachent des histoires humaines bouleversantes. Dans la zone de santé de Mongwalu, au nord de Bunia, plusieurs enfants ont survécu au virus, mais au prix d’une tragédie familiale : la perte de leurs deux parents emportés par Ebola. Face à cette réalité, le gouvernement congolais a promis, vendredi 24 juillet, une prise en charge des orphelins laissés par l’épidémie.
À seulement un mois, il a déjà affronté l’une des maladies les plus meurtrières au monde. Contaminé par ses parents, tous deux décédés d’Ebola, un nourrisson a été déclaré guéri au Centre de traitement d’Ebola de Mongwalu, dans le territoire de Djugu. Son histoire symbolise à elle seule le lourd tribut payé par de nombreuses familles frappées par cette épidémie.
Lors d’une visite à Mongwalu vendredi 24 juillet, la Première ministre Judith Suminwa lui a remis son certificat de guérison. Désormais privé de père et de mère, l’enfant est pris en charge par une femme survivante d’Ebola qui assure son allaitement et veille sur lui au quotidien.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Un autre enfant, âgé d’un an et demi, a également quitté le centre de traitement après avoir vaincu la maladie. Lui aussi est devenu orphelin après le décès de ses deux parents emportés par le virus. Selon les autorités sanitaires, plusieurs autres enfants de moins de cinq ans vivent actuellement la même situation dans les structures de prise en charge de l’épidémie.
Une génération marquée par Ebola
Alors que les efforts sanitaires se concentrent sur la lutte contre la propagation du virus, la question de l’avenir des enfants survivants devient une préoccupation majeure. Chaque guérison est une victoire médicale, mais elle s’accompagne souvent d’un drame familial difficile à surmonter.
Selon les dernières données disponibles, plus d’un millier de personnes ont déjà succombé à l’épidémie, laissant derrière elles un grand nombre d’enfants sans parents. Ces derniers se retrouvent confrontés non seulement au traumatisme de la maladie, mais aussi à l’incertitude quant à leur prise en charge et à leur avenir. Si la plupart de ces enfants sont récupérés par des proches, certains autres demeurent sans famille pour les accueillir, soit par stigmatisation, soit peur de la maladie soit encore par manque des moyens de subsistance des membres de leur communauté.
Le gouvernement promet une prise en charge globale
Consciente de cette urgence humanitaire, la ministre des Affaires sociales et des Actions humanitaires, Ève Bazaiba, a appelé à l’identification de tous les enfants survivants et orphelins d’Ebola afin qu’ils puissent bénéficier d’un accompagnement adapté.
Le gouvernement affirme avoir déjà mis en place une crèche à Bunia destinée à accueillir ces enfants et à leur offrir un environnement sécurisé. Des mères nourricières ainsi que les ressources nécessaires à leur alimentation et à leur suivi y seraient disponibles.
« Nous nous prenons l’enfant, il ne faut pas qu’on perde l’enfant. Il y a des mères nourricières, du lait et tout. C’est vraiment prêt à Bunia », a assuré Ève Bazaiba.
L’espoir au milieu de la douleur
Dans les communautés durement touchées par Ebola, cette annonce est accueillie avec soulagement. Pour de nombreuses familles, la survie des enfants ne constitue que la première étape d’un long processus de reconstruction. Au-delà des soins médicaux, ces jeunes rescapés auront besoin d’un accompagnement social, psychologique et familial pour se reconstruire après la perte de leurs parents.
À Mongwalu comme ailleurs en Ituri, les certificats de guérison remis ces derniers jours incarnent donc un double symbole : celui de la victoire contre Ebola, mais aussi le début d’un nouveau combat pour des enfants qui devront grandir sans leurs parents, victimes de l’épidémie.







