Bunia : entre informations et idées reçues, le défi de la sensibilisation au cancer du sein

Alors que le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation au cancer du sein à travers le monde, de nombreuses voix appellent à un renforcement des actions de prévention et d’information dans la ville de Bunia. Certaines femmes du chef-lieu de l’Ituri reconnaissent encore manquer de connaissances sur cette maladie, ses facteurs de risque et les moyens de dépistage. Une situation qui pourrait retarder le diagnostic et la prise en charge des patientes, estiment les experts médicaux.

Malgré les campagnes de sensibilisation organisées ces dernières années, le cancer du sein demeure entouré de nombreuses idées reçues au sein de la communauté.

Plusieurs femmes interrogées par Radio Okapi, vendredi 2 octobre, affirment avoir entendu des informations sur les causes de la maladie, sans toujours savoir distinguer les faits des croyances populaires.

« Je n’ai pas suffisamment d’informations sur le cancer du sein. J’entends quand même certaines choses dans la société. Par exemple, des gens disent qu’on peut attraper le cancer en mettant de l’argent dans le soutien-gorge. Mais je ne sais pas vraiment si c’est vrai ou faux », confie une habitante de Bunia.

Une autre femme évoque également les mêmes informations largement répandues dans son entourage.

« J’ai appris que porter le même soutien-gorge pendant deux ou trois jours pourrait provoquer le cancer du sein. On dit aussi que mettre de l’argent dans le soutien-gorge n’est pas bien, car cela pourrait causer le cancer », explique-t-elle.

Ces témoignages illustrent la persistance de mythes et de fausses informations autour du cancer du sein. Pour les spécialistes de la santé, aucune preuve scientifique ne démontre qu’un soutien-gorge, le fait d’y ranger de l’argent ou encore son utilisation prolongée soit à l’origine de cette maladie.

L’importance du dépistage précoce

Les professionnels de santé rappellent que le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes. Toutefois, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, les chances de guérison et de survie sont nettement plus élevées.

Le dépistage régulier permet en effet d’identifier d’éventuelles anomalies avant même l’apparition de symptômes graves. La mammographie, examen médical de référence, fait partie des outils utilisés pour détecter précocement la maladie et orienter rapidement les patientes vers une prise en charge adaptée.

Renforcer l’information des communautés

Face aux nombreuses idées reçues qui circulent encore, les acteurs de santé estiment qu’il est essentiel de multiplier les campagnes d’information auprès des femmes et des familles. L’objectif est non seulement de mieux faire connaître les signes d’alerte du cancer du sein, mais aussi d'encourager le recours aux services de santé dès l’apparition d’une anomalie, notamment une boule dans le sein ou sous l’aisselle, écoulement, modification de forme ou de la peau du sein.

Les organisations de santé soulignent également l’importance de l’auto-surveillance et des consultations médicales régulières, particulièrement chez les femmes présentant des facteurs de risque. Cette auto-surveillance passe par l’auto-palpation du sein : examiner soi-même ses seins régulièrement afin de détecter toute anomalie inhabituelle.

Ce geste ne remplace pas les examens médicaux, mais il permet à chaque femme de mieux connaître son corps et de remarquer rapidement un changement éventuel, insiste l’Organisation mondiale de la santé.  

En ce mois d’Octobre Rose, les professionnels de santé appellent ainsi les femmes de Bunia et d’ailleurs à s’informer auprès de sources médicales fiables, à se faire dépister régulièrement et à ne pas se fier aux rumeurs qui peuvent retarder le diagnostic. Selon les experts, une détection précoce demeure l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer les chances de traitement et sauver des vies.

 

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