Tembo: l'Angola aurait expulsé des Congolais avec violence, selon les humanitaires


La cité de Tembo à la frontière avec l'Angola (en rouge sur la carte)

L’expulsion des Congolais vivant en Angola aurait été accompagnée de violence, selon le rapport d’une mission humanitaire des agences de Nations unies et de la Monusco dans la cité frontalière de Tembo, située à plus de 800 Kilomètres au sud de la ville de Kikwit en territoire de Kasongo-Lunda. Les humanitaires ont confirmé la présence de ces personnes expulsées sur ce territoire. Ils ont recommandé notamment la reprise de pourparlers entre les gouvernements angolais et congolais.

La mission des humanitaires consistait à évaluer l’ampleur de la situation humanitaire des récentes expulsions de Congolais vivant en Angola.

Après leur rencontre avec l’autorité territoriale de Kasongo-Lunda, des acteurs locaux et les expulsés eux-mêmes, les membres de cette délégation rapportent que les hommes ont subi de tortures, tandis que  les femmes seraient violées par des militaires angolais.

Selon les statistiques présentées par le médecin chef de zone de santé de Tembo, le docteur Anselme Fumuleke, 99 femmes sur les 119 enregistrées et 4 filles sur 20 ont été violées, tandis que 14 femmes se sont retrouvées enceinte.

Au regard de cette situation, cette délégation a recommandé l’attention de la communauté internationale et a demandé au gouvernement congolais de reprendre le dialogue avec l’Angola.

Elle a plaidé pour le renforcement de la coordination de communication au niveau local.

Les humanitaires ont également recommandé  que l’autorité organise le retour de ces expulsés dans leurs milieux respectifs et appuie la zone de santé de Tembo, où la plupart de ces centres de santé partagent les frontières avec l’Angola.

La mission humanitaire était composée de représentants du Fonds de Nations unies pour la population (UNFPA), de l’Unicef, du HCR et de la Monusco.

« Recommandations inopportunes »

Joint lundi par Radio Okapi, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende a affirmé que son gouvernement est toujours le gouvernement angolais.

D’après lui, les recommandations des humanitaires ne sont pas opportunes.

Lambert Mende estime, par ailleurs, que les plaintes concernant sur les violences sur les expulsés n’ont jamais  été portées a l’attention du gouvernement congolais.

Il a déclaré :

« C’est étonnant, des faits aussi graves que l’on allègue puis on recule. Nous voulons être très prudents parce que nous suivons ce dossier au jour le jour et nous voulons qu’on nous donne des éléments qui ne soient pas de la propagande par exemple. Nous ne voulons pas construire des dossiers sur des rumeurs, sur de communiqués. Nous voulons des éléments. Nous devons protéger nos citoyens, mais nous voulons construire notre action sur des bases qui sont réelles et avérées. Donc, il ne faut pas donner à cela une consonance d’un règlement de compte  entre les deux pays. Et ce n’est pas l’expulsion des irréguliers de part et d’autre qui vont détériorer ces relations.»

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