24 avril 1990-24 avril 2012 : la longue marche de la RDC vers la démocratisation

27 MAI 1978, Paris, France — Le Président Mobutu Sese Seko du Zaïre parle lors d’une conférence de presse à Paris. — Image by © Richard Melloul/Sygma/CORBIS

Le 24 avril 1990, le président du Zaïre (qui deviendra 7 ans plus tard la RDC), Mobutu Sese Seko décrète la fin du monopartisme. C’est le début d’un long processus de démocratisation. 22 ans après cette date, la classe politique congolaise reconnaît qu’il y a eu des ratés dans ce processus mais à la majorité comme à l’opposition on commente différemment ces ratés.

Les vingt-deux dernières années ont notamment été marquées par trois transitions. La première, sous la présidence de Mobutu, a duré sept ans. Cette transition s’est ouverte au moment où s’effondrait le bloc de l’Est sous la pression de la perestroïka et que le vent de la démocratie soufflait sur les pays de l’Afrique sub-saharienne.

Un forum national appelé Conférence nationale souveraine (CNS) a été organisé de 1990 à 1992 réunissant les représentants de toutes les couches de la population congolaise vivant au pays et à l’étranger pour trouver des solutions aux problèmes de développement auxquels le zaïre d’alors était confronté. Etienne Tshisekedi sera élu Premier ministre dans ce forum mais ne réussira pas à achever son mandat à cause des conflits récurrents qui l’opposaient au président Mobutu.

La CNS a fini par laisser la place au Haut conseil de la République-Parlement de transition (HCR-PT) dont les animateurs étaient issus de la CNS.

La première transition a pris fin le 17 mai 1997. Ce jour là, Laurent-Désiré Kabila déjà maquisard dans les années 60, met fin aux trente deux ans de règne sans partage de Mobutu. La rébellion qu’il menait depuis octobre 1996 a bénéficié de l’appui de nombreux pays de l’Afrique des Grands Lacs. Un an après son accession au pouvoir, les anciens alliés de Kabila lancent une nouvelle guerre dans l’est de la RDC en août 1998. Le pays est divisé en trois zones. Kabila meurt assassiné en janvier 2001, sans avoir eu le temps d’organiser les élections.

Joseph Kabila son successeur va ranimer les négociations de paix avec les belligérants. Un autre forum, le dialogue inter congolais, est organisé en Afrique du Sud. Une nouvelle transition de deux ans est entamée en juin 2003. Joseph Kabila est assisté de quatre vice-présidents (dont deux ex-chefs rebelles, un opposant et un allié). Prévue pour s’achever en juin 2005, la transition est prolongée d’une année. Le premier tour des élections présidentielle et législatives couplées est organisé le 30 juillet 2006, mettant fin aux différentes transitions lancées en 1990.

Joseph Kabila remporte la présidentielle de 2006 avant d’être réélu 5 ans plus tard pour un second mandat.

 Des ratés

Christian Badibangi, opposant au Maréchal Mobutu, à Laurent-Désiré Kabila et à Joseph Kabila est actuellement député national. Aujourd’hui, il regrette que le processus démocratique « tel que cela a été initié par la Conférence nationale souveraine » n’ait pas été capitalisé. Pour lui, l’un des principaux ratés du processus de démocratisation lancé il ya vingt-deux ans est le non respect des acquis de la Conférence nationale souveraine (CNS).

Lors de la première transition, Banza Mukalay était le Premier vice-président du MPR/Fait privé, le parti du Maréchal Mobutu après que ce dernier s’est retiré de sa direction. Député élu au Katanga, il fait partie aujourd’hui de la Majorité Présidentielle, plate-forme politique qui soutient Joseph Kabila. Lui aussi épingle quelques ratés dans le processus de démocratisation notamment « les guerres qui ont émaillé ces vingt-deux dernières années. »

« Il ne faut pas souhaiter la guerre parce que la guerre interrompt le processus électoral », affirme-t-il aujourd’hui, précisant que les contestations permanentes n’ont pas fait avancer la démocratie.

Vous pouvez écouter cet entretien de Banza Mukalay :

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