Ituri : la société civile salue la réparation des crimes de Thomas Lubanga

L’ex-chef milicien Thomas Lubanga reconnu coupable de crimes de guerre pour enrôlement des enfants dans sa milice. Ici, lors d’une audience à la Cour pénale internationale (Lundi 20 mars 2006).

La société civile de l’Ituri s’est félicitée, ce mercredi 8 août, de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’entamer le processus de réparation au profit des victimes des crimes commis par l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga. L’ONG de défense des droits humains Justice plus demande à la Cour d’accélérer ce processus.

Selon les responsables de Justice plus, la CPI a déjà identifié quatre-vingt-douze victimes. Saluant la rapidité de la Cour pour entamer ce processus de réparation, ils demandent aux victimes « de prendre patience jusqu’à ce que leurs droits soient rétablis ».

D’autres acteurs de la société civile de l’Ituri plaident pour des réparations en terme des projets d’intérêt communautaire comme la construction des écoles, des hôpitaux ou des sources d’eau.

La CPI a ordonné, mardi 7 août, que des propositions en matière de réparation soient recueillies au profit des victimes.

Pour les juges de cette Cour, il est « essentiel que les victimes, leurs familles et leurs communautés puissent donner leur avis personnel et exposer leurs priorités ».

Les bénéficiaires potentiels de ces réparations sont les personnes qui ont directement ou indirectement subi un préjudice du fait de l’enrôlement, de la participation obligatoire dans les hostilités et de l’utilisation d’enfants de moins de 15 ans dans le contexte des faits survenus en Ituri entre le 1er septembre 2002 et le 13 août 2003. Il peut s’agir également des membres de la famille de victimes directes, ainsi que de personnes intervenues pour aider les victimes ou empêcher la commission des crimes.

Ces réparations peuvent notamment prendre la forme de campagnes visant à améliorer la position des victimes, de certificats reconnaissant le préjudice subi, ainsi que d’activités de sensibilisation et d’information, de même que des programmes d’éducation qui permettent d’informer et visent à réduire la stigmatisation et la marginalisation des victimes.

En avril dernier, les avocats de ces victimes ont déposé leurs demandes de réparation aux juges de la CPI. Certaines victimes réclamaient des systèmes de microcrédits, d’autres une réinsertion sociale.

Thomas Lubanga a été condamné à quatorze ans de prison, le 10 juillet dernier, pour avoir procédé à l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans sa milice et à les avoir fait participer activement à des hostilités dans le district de l’Ituri. C’est la première fois que la CPI se déclare favorable aux réparations en faveur des victimes des crimes commis par des personnes qu’elle juge.

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