Julien Paluku : «Les FARDC sont en train de se battre pour que la ville de Goma soit en sécurité »

Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti

« Les Forces armées de la RDC sont en train de se battre pour que la ville de Goma soit sécurisée », a assuré samedi 17 novembre le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. Il a indiqué que les forces de la Monusco sont appuient l’armée congolaise dans sa contre-offensive pour récupérer la partie Nord de la localité de Kibumba passée sous contrôle des rebelles du M23 dans la matinée.

« Il nous reste seulement 1km pour récupérer cette position que nous avons perdue ce matin à la suite de cette forte artillerie couplée M23-armée rwandaise. Parce qu’on a vu des colonnes et des colonnes du contingent de l’armée rwandaise qui est entré par Gashizi, localité située à la limite entre le territoire rwandais et congolais », a déclaré Julien Paluku.

Il a ajouté que la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC appuie les FARDC en disposant ses hélicoptères de combat pour bombarder le M23 à Kibumba.

« La Monusco est entrée en jeu avec ses hélicoptères de combat, on est en train de stopper la progression des éléments au départ de Kibumba vers Kilimanyoka », a affirmé Julien Paluku, qui a aussi appelé la population au calme.

« Nous demandons à toute la population du Nord-Kivu de garder son calme. La république va prendre toutes ses responsabilités pour se rassurer que Goma ne tombe pas entre les mains des gens qui sont recherchés par la CPI [Cour pénale internationale] », soutient-il.

Protection des civils

Pour sa part, la Monusco déclare que ces attaques ont provoqué de nouveaux déplacements de la population civile. Dans un communiqué de presse rendu public le même jour, elle condamne fermement la reprise des hostilités et lance un appel aux rebelles pour cesser immédiatement leurs attaques qui ont pour conséquence la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire déjà fragiles.

« Aujourd’hui il y a des combats initiés par le M23 et nous assistons à un déplacement massif et nous comptons déjà sept cents nouvelles familles qui sont allées s’ajouter aux 17 000 autres installées sur le site de Kanyaruchinya. Face à cette situation, nous ne pouvons pas rester les bras croisés et voir la population se jeter ainsi dans la rue », a déclaré le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai.

Il a indiqué que la Monusco prend le M23 pour responsable de l’aggravation de la situation humanitaire et sécuritaire dans la province du Nord-Kivu.

La Monusco dit suivre de près la situation et ne tolérera aucune avancée ou action des troupes du M23 qui provoquerait une panique au sein de la population civile et engendrerait de nouveaux déplacés.

De son côté, la France demande « la cessation immédiate des combats » en RDC qui pourraient conduire à « un nouveau drame humanitaire », a déclaré samedi le ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle « à la protection des populations civiles et de tous les acteurs humanitaires » et « demande à tous les pays de la région de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de la RDC », a ajouté dans une déclaration le porte-parole du ministère, Philippe Lalliot.

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