Pourparlers de Kampala: l’opposition réclame sa participation en tant que composante

Une vue des députés nationaux et sénateurs congolais au palais du peuple (siège du parlement), ce 8/12/2010 à Kinshasa.

Les groupes parlementaires de l’opposition réclament la participation de l’opposition politique congolaise aux pourparlers de Kampala en tant que composante. Le président du groupe parlementaire du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) et alliés, Jean Lucien Busa l’a déclaré samedi 12 janvier à Kinshasa. Ces groupes parlementaires de l’opposition demandent aussi que l’ordre du jour des négociations de Kampala soit élargi au-delà de l’évaluation des accords du 23 mars 2009. Ils estiment que les pourparlers ne prennent pas en compte toute la problématique de l’insécurité dans l’Est de la RDC ainsi que les questions liées à la gouvernance du pays, à la démocratie et aux droits de l’homme.

Les groupes parlementaires de l’opposition politique veulent participer de manière active aux pourparlers de Kampala. Selon la déclaration du président du groupe MLC et alliés, les députés nationaux de l’opposition désirent également que la société civile et la diaspora prennent part à  ces discussions. Jean-Lucien Busa estime qu’ « une négociation entre les deux (Gouvernement et M23) n’en est pas une ». Il explique que :

« Le M23 et le gouvernement partagent la responsabilité de ce qui se passe dans l’Est. C’est une compromission. D’où l’intérêt d’avoir une opposition politique qui a des propositions alternatives qui peuvent les mettre face à face pour que, dans l’intérêt des Congolais, on sorte de ces pourparlers avec des réponses qui sont en adéquation avec les aspirations profondes des Congolais ».

Les groupes parlementaires de l’opposition sont au nombre de quatre :

  • Le Mouvement pour la libération du Congo ;
  • L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et les Forces acquises au changement (Fac) ;
  • L’Union pour la nation Congolaise (UNC) et alliés ;
  • Les libéraux démocrates.

En décembre, pendant que les pourparlers étaient suspendus pour les festivités de fin d’années, Jean-Lucien Busa avait expliqué que le boycott des pourparlers entre les miliciens du M23 et le gouvernement était lié au statut de l’opposition, tel qu’il le reprend aujourd’hui.

L’opposition politique-représentée par Christian Badibangi de l’Union socialiste congolaise et François Mwamba de l’Alliance pour le développement et la République (ADR)- dit jouer le rôle d’observateur pour empêcher des pourparlers entre Kinshasa et les rebelles.

Au début des assises, le député Christian Badibangi s’était opposé à des négociations entre le gouvernement et le M23. Pour lui, il s’agissait plutôt pour le gouvernement d’écouter les revendications du groupe rebelle.

Pour l’opposition parlementaire, l’ordre du jour devrait être élargi au delà de l’évaluation des accords du 23 mars 2009 signés entre le gouvernement Congolais et les rebelles du CNDP dont le M23 est issu:

« Qu’est-ce qu’ils font ? Evaluer les accords ? Cela  veut dire qu’on puisse satisfaire les uns et les autres, là ou ils estiment qu’ils n’ont pas été satisfaits ».

Les groupes parlementaires de l’opposition estiment que les pourparlers ne prennent pas en compte toute la problématique de l’insécurité dans l’Est ainsi que les questions liées à la gouvernance du pays, à la démocratie et aux droits de l’homme.

L’ordre du jour de ces pourparlers adoptés vendredi comprends quatre points inscrits dont :

  • l’évaluation de l’accord de paix du 23 mars 2009 conclu par le gouvernement et l’ex-rébellion du CNDP ;
  • les questions sécuritaires ;
  • les questions sociales, politiques et économiques ;
  • les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de l’accord de Kampala.

Les rebelles du M23 ont obtenu des chefs d’Etat des Grands lacs ces discussions avec le gouvernement en contre partie de leur retrait de la ville de Goma qu’ils ont occupée pendant une dizaine de jours à la fin du mois de novembre 2012.

Constitué des membres de l’ancienne rébellion du CNDP, le M23 avait occupé plusieurs localités du Nord-Kivu ainsi que la ville de Goma après une offensive lancée le 17 novembre. Ils s’y sont retirés sur recommandation des pays des Grands lacs.

Au début de leur mouvement, les rebelles réclamaient l’application de l’accord du 23 mars 2009 signé par le gouvernement et l’ancienne rébellion du CNDP. Mais après l’offensive contre Goma, ils ont ajouté à cette revendication des questions politiques et sociales.

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