RDC: le ministre des Transports promet «la fermeté» pour mettre fin à «l’incivisme sur la route»

Une femme suppliant des conducteurs pour la traversée du Boulevard Sendwe sur la bande de piétons le 01/04/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le ministre des Transports et Voies de communication, Justin Kalumba, a lancé ce dimanche 7 avril la 2ème phase de la campagne de civisme sur les routes en RDC. A cette occasion, il a condamné les rançonnements des conducteurs de véhicules par certains éléments de la Police de circulation routière (PCR), promettant « la fermeté » pour mettre fin à « toute forme d’incivisme sur la route ».

« Si nous qui sommes de la police, nous nous permettons de rançonner notre propre population, je demande à qui pourrait-elle encore se confier », s’est interrogé le ministre qui s’adressait aux policiers de circulation routière réunis en face du stade des Martyrs à Kinshasa.

Il a également condamné les arrestations arbitraires des conducteurs de véhicules « avec fabrication et création des préventions qui, parfois, n’existent pas ».

Justin Kalumba a aussi déploré la « transformation des bureaux de la PCR [police de circulation routière] en sociétés commerciales ».

Sur les artères de la ville de Kinshasa, certains policiers chargés de réguler la circulation exigent aux conducteurs de leur verser des sommes d’argent sous peine de les arrêter.

Des conducteurs de transport en commun ont confié à Radio Okapi en octobre dernier devoir payer des sommes allant jusqu’à 200 000 francs congolais (217 dollars américains). Une partie de ces sommes seraient « rétrocédée aux commandants » de cette unité de la police.

Le ministre Justin Kalumba a déploré d’autres comportements des policiers de la circulation routière :

« Usage de la violence verbale et physique, abandon régulier des postes d’attache et pléthore des agents à certains postes ».

« Face à ces fléaux, a-t-il déclaré, le maître-mot sera  fermeté, fermeté et fermeté. Fermeté face à toute délinquance routière. Fermeté face à la tracasserie et aux rançonnements dont sont victimes les usagers de la route. Fermeté face à toute forme d’incivisme sur la route ».

Justin Kalumba avait lancé la première phase de la campagne de civisme sur la route en janvier dernier.

Il avait invité, à l’occasion, les conducteurs et autres usagers de la route au respect du code de la route « pour éviter les accidents qui endeuillent quotidiennement de nombreuses familles dans la capitale ».

Une «corruption ostentatoire», selon l’Asadho

L’Association africaine des droits de l’homme (Asadho) se dit préoccupée par «corruption ostentatoire» qui mine, selon elle, le travail de la PSR sur toutes les voies publiques en RDC.

Boulevard du 30 juin à Kinshasa, décembre 2010.

Dans un communiqué rendu public ce week-end à Kinshasa, l’Asadho affirme avoir reçu plusieurs plaintes de la part des conducteurs et passagers faisant état de la multiplication des tracasseries policières dans le but rançonner à tout prix les conducteurs des véhicules. Pour ce faire, selon cette ONG, les policiers de circulation routière inventent toutes sortes de contraventions dans le chef des conducteurs.

«Les policiers nous rançonnent sans pitié. Ils nous arrêtent sous prétexte de vérifier les documents. Il y a assez de tracasserie», a témoigné un conducteur.

Sur les artères de Kinshasa, les conducteurs qui donnent de l’argent aux agents de la PSR se permettent de violer le code de la route sans en être inquiétés. Ceux qui s’y opposent, en revanche, voient les plaques minéralogiques de leurs véhicules arrachées, quelquefois même les pneus sont crevés, selon des témoins.

Certains policiers s’introduisent de force dans les véhicules pour se disputer le volant avec les conducteurs. Ce comportement cause parfois des accidents mortels, d’après les mêmes sources.

Par contre, certains usagers de la route estiment cependant que la plupart des conducteurs sont des indisciplinés. «Très souvent ce sont les chauffeurs qui font la folie au volant. Ils font de mauvais dépassements et violent des bandes», a expliqué l’un d’eux.

Sous couvert de l’anonymat, quelques policiers ont déploré les conditions misérables dans lesquelles ils vivent et travaillent. Ils ont justifié leur acharnement sur les conducteurs par le souci d’obtenir «un peu d’argent pour assurer la survie» de leurs familles.

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