RDC : l’attente du gouvernement de cohésion nationale paralyse l’administration, selon le député Lokondo

Ministère de l’Esu. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

L’administration publique en RDC est paralysée en attendant la formation du gouvernement de cohésion nationale, une promesse du chef de l’Etat congolais Joseph à la clôture des concertations nationales en octobre 2013. Le député de la majorité Henri-Thomas Lokondo qui a fait cette observation jeudi 3 juillet estime que les activités sont bloquées, non seulement dans le gouvernement, mais aussi dans les entreprises publiques. Le porte-parole du gouvernement relativise. Il parle de ralentissement d’activités et non de paralysie.

Le 23 octobre 2013 lors de la clôture solennelle des concertations nationales, un forum convoqué par le président Kabila pour trouver des solutions aux problèmes multiformes que connaît la RDC, le chef de l’État avait annoncé la formation d’un gouvernement de cohésion nationale qui inclurait les représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Le lendemain, le Premier ministre Matata Ponyo enjoignait dans une circulaire les ministres d’expédier les affaires courantes. Dans la foulée des interdictions formulées aux ministres figurait notamment celle « des nouveaux engagements financiers, des marchés publics et la signature des contrats ».

Neuf mois plus tard, le gouvernement de cohésion nationale n’est toujours pas formé. Et la circulaire d’Augustin Matata Ponyo est toujours d’application.

Jeudi, Henri Thomas Lokondo, a demandé au chef de l’État de lever la mesure de gestion des affaires courantes du gouvernement pour permettre à l’exécutif  national de fonctionner normalement. Il explique le sens de son appel :

«Ce n’est pas un secret. Les membres du gouvernement et beaucoup d’autres responsables d’entreprises ou de services publics de l’État ont le cœur ailleurs. Le cœur n’est pas vraiment à l’ouvrage parce que, quand on annonce la mise en place d’un gouvernement comme ça, les gens se préparent soit pour rester ou partir et ils sont dans un comportement un peu inconfortable pour le fonctionnement de l’Etat et ce n’est pas bien».

Faisant allusion à la déclaration de Joseph Kabila, la veille de la fête de l’indépendance, d’appliquer les recommandations des concertations nationales «méthodiquement et sans précipitation», Henri-Thomas Lokondo a estimé que, puisque la mise en place du gouvernement n’interviendra pas dans un court délai,  il faut un retour au fonctionnement normal du gouvernement. Et il donne ses raisons :

«On ne peut pas laisser le pays au ralenti comme ça pendant plus d’une année, ce n’est pas normal. Or, il s’avère que la mise en place du gouvernement de cohésion nationale est la première recommandation [des concertations nationales]. Et à court terme, ce sera impossible parce que ce gouvernement doit être investi par l’Assemblée nationale qui est en vacance et qui ne reprend que le 15 septembre».

Le député Lokondo appelle le chef de l’État à «tirer toutes les conséquences de son discours» en accordant au Premier ministre l’autorisation de ramener le pays dans son fonctionnement normal.

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Ralentissement et non paralysie

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, il ne faut pas parler de paralysie de l’administration mais plutôt d’un ralentissement du rythme de travail, qui n’a d’ailleurs duré qu’un moment, selon lui.

«Il y a eu ralentissement des activités, il y a quelques mois, lorsque par mesure de précaution, le Premier ministre avait décidé de prendre en compte l’option du Chef de l’État de mettre en place un gouvernement de cohésion nationale. Mais depuis lors, les ministères sont en train de travailler, même celui de l’Enseignement supérieur et universitaire », a-t-il affirmé.

Lambert Mende en veut pour preuve «les différentes perceptions positives» enregistrées, selon lui, dont les performances de la RDC dans le domaine de l’éducation, dans celui du Doing business [classement des pays selon la facilité d’y faire les affaires], ou encore l’Initiative pour la transparence des industries extractives».

«Ce sont les faits de ce gouvernement qui ne peut pas être qualifié d’un gouvernement en paralysie », a-t-il estimé.

«Pour le reste, le Président mettra en place son gouvernement. Nous pensons qu’il a dû rencontrer quelques obstacles qu’il est en train de les surmonter», a conclu le ministre.

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