Début des plaidoiries dans l’affaire de la fillette morte dans un cachot de Kinshasa

Au centre, le père et la mère de Vainqueur Bukaka, une fillette d’un an et demi morte dans un cachot de Kinshasa où son père en garde à vue était détenu avec elle. Ici, à l’ouverture du procès de cette affaire le 21/08/2014. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le procès d’un officier de police judiciaire (OPJ) et d’un major de la Police nationale congolaise (PNC) accusés d’arrestation arbitraire et détention illégale a débuté jeudi 21 août à Kinshasa. Ces préposés de l’état ont arrêté en avril dernier un présumé voleur de chaise en plastique avec sa fille, Vainqueur Bukaka, âgée d’un an et demi. Cette dernière est décédée en détention.

Auditionné en premier, l’OPJ Freddy Kabala a affirmé avoir détenu Michel Mandiangu et son bébé sur ordre de son supérieur hiérarchique, le major Eddy Ewanga. Il soutien également avoir demandé, sans succès à Michel Madiangu, père de la victime, de faire venir la grand-mère de la fillette pour la récupérer. Vainqueur Bukaka, 1 an et demi, serait morte asphyxiée le troisième jour de sa détention aux côtés de son père.

Les avocats des prévenus accusent le père de l’enfant de s’être servi de sa fillette comme « bouclier ».

Le plaignant rejette cette thèse et affirme à son tour avoir demandé, en vain, aux policiers de faire venir la grand-mère de la petite fille pour la récupérer.

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La cour a aussi entendu Eric, témoin à décharge du couple Mandiangu. Le tribunal a découvert par la suite que ce témoin n’est autre que le frère biologique du plaignant qui voulait charger les deux policiers. La défense en a profité pour remettre en cause sa déposition.

L’affaire remonte en avril dernier. Michel Madiangu a été gardé à vue avec son enfant au-delà de 48 heures pour un vol présumé d’une chaise en plastique d’une valeur de 4000 francs congolais (4, 31 dollars américains). Selon Me Gentille Sukulaki, l’avocat du plaignant, Michel Mandingu qui est séparé de sa compagne a été arrêté au moment où il emmenait chez lui sa fille qu’il était passé prendre dans sa belle-famille.

C’est alors qu’il a été interpellé et détenu au cachot du sous-commissariat de Matadi Kibala. Sa fille mourra trois jours plus tard. Des faits graves pour une police qui se veut professionnelle, avait commenté en juillet dernier le général Ponde Isambwa, l’auditeur général des Forces armées de la RDC. Les policiers incriminés dans cette affaire sont derrière les barreaux. Les plaidoiries se poursuivront le 1er septembre.

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