Katanga : 33 suspects arrêtés dans le conflit bantous-pygmées

Une vue d’un quartier commercial de Manono, 450 km au Sud Ouest de Kalemie (Katanga/RDC).

Trente-trois personnes, bantoues et pygmées, ont été arrêtés à Manono dans le cadre des conflits récurrents entre les deux communautés au Nord du Katanga. Certaines sont accusées d’être des instigateurs du conflit, d’autres sont poursuivies pour incendies des maisons. Et 26 autres accusées sont déjà arrivées à Lubumbashi et transférées à l’auditorat militaire, garnison de Lubumbashi. Les 7 autres sont en route.

Intervenant sur Radio Okapi, François Kazembe, administrateur du territoire de Manono, a donné des précisions sur ces arrestations :

Fichier audio : téléchargez Flash pour écouter.

Le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, avait pris certaines mesures pour mettre fin à ces conflits lors de son dernier passage dans le Nord Katanga. Il avait notamment promis l’arrestation des auteurs de ces conflits entre Bantous et pygmées, qui a fait plusieurs morts et des dégâts matériels importants.

Ecoles et hôpitaux fermés

Une des conséquences de ce conflit intercommunautaire, ce sont les difficultés de fonctionnement des structures scolaires et sanitaires dans le territoire de Manono. Ces conflits ont poussé certains enseignants et infirmiers à fuir certaines localités de Manono, selon des témoins.

Les premières localités touchées par les conséquences directes de conflits intercommunautaires se retrouvent dans la zone de santé d’Ankoro. Les aires de santé de Kiluba, Kivua et  Mukomwenze ont arrêté leurs activités. Les habitants et le personnel soignant ont carrément abandonné les villages dans la zone.

«Tous les matériels et médicaments sont restés et les structures sont  fermées », a témoigné le médecin inspecteur, Dr Adalbert Ngandwe.

L’insécurité  a  affecté aussi les écoles. Environ trois cents élèves n’ont pas pu terminer  l’année scolaire et le Test national de fin du cycle primaire (Tenafep) n’a pas été présenté à Lwaba dans le secteur de Mukebo.

«Ca, c’est un message pour dire que nous avons besoin de sécurité pour, n’est-ce pas,  faire fonctionner nos écoles», a indiqué le chef de sous-division de l’EPSP Manono, François-Xavier Kisila.

Lors de son récent séjour dans la zone, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Martin Kobler, avait pour sa part appelé à une intervention urgente:

«Nous avons parlé avec le gouvernement [provincial] à Lubumbashi, nous avons parlé avec le commandant de la région militaire: ici, les FARDC doivent se déployer.  Nous offrons notre assistance aux FARDC de les accompagner et nos militaires sont en contact sur ça

Le commissaire de district du Tanganyika, Jean-Félix ilunga, se dit réconforté par cette promesse. «Maintenant, je sais que je peux compter sur la Monusco pour pouvoir mener cette lutte et amener tout le monde à la vie pacifique», a-t-il déclaré.

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