Mamadou Ndala: le ministère public évoque des indices de complicité de la garde du colonel

Les obsèques du colonel Mamadou Moustafa Ndala au Camp Kokolo. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

Le ministère public affirme avoir des indices probables de complicité de la garde du colonel Mamadou Ndala lors de son assassinat, en janvier dernier, dans le territoire de Beni, à 350 Km au Nord de Goma (Nord-Kivu).
Il a fait ses affirmations, jeudi 2 octobre dans la soirée devant la cour, lors du débat avec les avocats des prévenus.

Le ministère public a fondé sa conviction sur les dépositions faites par les prévenus adjudant Safari Banza Mwabo et capitaine Moussa Banza.

Pour le premier, le ministère public a brandi un bulletin de renseignement produit par l’ANR, où l’adjudant Safari, tireur d’arme d’appui fixée sur la jeep de commandement, avait déclaré deux jours avant la mort du colonel Mamadou Ndala que: «Même si nous tombons dans une embuscade, j’enlèverai la tenue et je vais fuir».

Selon le ministère public, le même prévenu aurait été surpris en train de fouiller le corps du colonel juste après l’attaque. Cela suppose, selon le ministère public, que le prévenu aurait été soudoyé.
La double identité contenue dans la fiche de renseignement militaire du deuxième prévenu, Moussa Banza, l’un des plus proches du colonel, a laissé perplexe la cour.

Ce dernier a été envoyé dans une autre jeep, après le colonel Mamadou. Juste après l’attaque, il est rentré à Beni.

«L’hypothèse d’une complicité de ces deux prévenus sera démontrée lors du réquisitoire» a conclu le colonel auditeur.

Arbre qui cache la forêt

La Nouvelle dynamique de la Société civile du Sud Kivu (NDSC) appelle la justice militaire à se mettre du côté de la vérité, pour honorer la mémoire du colonel Mamadou Ndala et autres officiers décédés dans des circonstances non encore élucidées.

Cette structure a ainsi réagi après l’annonce de la mort du sergent Major Ngabo, chauffeur du colonel Mamadou Ndala.

Pour la NDSC, la perte de cet acteur clé du procès est l’arbre qui cache la forêt.

«La mort de ce soldat serait un arbre qui cacherait la forêt parce qu’on se demande à qui profiterait cette mort. Etant donné que le sergent Ngabu était un des piliers parmi les 20 prévenus, ca nous fait de sérieuses inquiétudes quant à l’issue de ce procès», a indiqué le président de la NDSC, Jean Chrysostome Kijana.

Il a par ailleurs appelé les ONG des droits de l’homme à suivre de près le procès sur l’affaire Mamadou Ndala et il promet de saisir d’autres instance judiciaires régionales au cas où il ne serait pas satisfait :

«Si, nous ne sommes pas satisfaits au niveau de cette cour que d’autres mécanismes puissent être mis œuvre afin que les Congolais soient informés des vrais commanditaires de cet assassinat».

Chrysostome Kijana est persuadé que la bonne issue de ce procès serait une bonne manière de mettre fin à l’impunité et de placer la RDC sur la voie de l’Etat des droits.

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