Katanga: Martin Kobler «choqué» par le degré de violence entre pygmées et bantous à Nyunzu

Le chef de la Monusco, Martin Kobler dans un camp des déplacés à Nyunzu dans la province du Katanga, le 18 mai 2015.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, Martin Kobler, s’est dit choqué par le degré de violence dans le conflit qui oppose les populations pygmées et bantous à Nyunzu dans le Nord du Katanga. Ce conflit aurait fait plus de deux cents morts en l’espace de cinq mois. À l’issue de sa visite effectuée lundi et mardi 19 mai dans cette contrée, il se dit aussi préoccupé par le sort de près de douze mille déplacés « qui constituent un fardeau pour la population de Nyunzu-centre ».

Avec 113 villages incendiés, 200 morts et une soixantaine de femmes violées depuis le mois de janvier 2015, on assiste à une escalade dans le conflit entre pygmées et bantous dans le territoire de Nyunzu, s’est indigné Martin Kobler.

Au cours de sa visite au chef-lieu du territoire, le chef de la Monusco qu’accompagné le ministre provincial de l’Intérieur, Juvénal Kitungwa, a pris la mesure du drame qui se joue dans cette partie du Katanga.

Il a ensuite rendu visite aux 4 000 déplacés pygmées hébergés dans les installations de la société Cotanga dans une promiscuité totale.

Martin Kobler s’est dit aussi inquiet de la situation des 8 000 déplacés bantous vivant dans des familles d’accueil qui sont venus lui exprimer leur désolation. Il est convaincu que seule la voie du dialogue permettra de sortir de la crise à Nyunzu.

Pour vous faire une idée des dégâts que provoquent les conflits entre pygmées et bantous, relire:

Les parties en conflits disent fonder leur espoir dans la commission de  médiation qui a été instaurée.

Celle-ci comprend la coordination de la société civile, un parlementaire, des leaders des deux communautés en conflit, et même une personnalité partageant des liens de consanguinité avec les deux communautés.

«J’ai communiqué à toutes les communautés que nous sommes totalement impartiaux, nous ne prenons pas ici le côté des pygmées ou celui des Luba, mais nous ne sommes pas neutres, nous sommes basés sur les valeurs des Nations Unies, ça veut dire la non-violence, le dialogue et la solution paisible pour tous», a affirmé le patron de la Monusco.

Le conflit entre les communautés pygmées et bantous seraient essentiellement sur la jouissance des droits. Le commissaire de district assistant chargé des questions politiques et administratives du Tanganyika, Joseph Kiluba Mpungwe, déclarait en juin 2014 après une session de gestion de conflit intercommunautaire :

«Si nous parlons de bantous et de pygmées comme de personnes humaines, en tant que personnes humaines, ils doivent jouir des mêmes droits».

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