Affaire coup d'Etat manqué de 1975: le sénateur Omba réclame un procès en révision

Le sénateur Omba Pene Djunga( ex-Directeur de la Sécurité du Président Mobutu) en audience publique contre l’auditeur général près la haute cour militaire, Ministère Publique dans l’affaire en continuation : Examen de recours en Révision le 13/03/2013 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le coup d’Etat monté et manqué du 9 juin 1975 contre le président Mobutu refait surface après 40 ans. Le sénateur Raymond Omba Pene Djunga, un des condamnés de cette affaire réclame toujours la révision du procès qui avait abouti à la condamnation de plusieurs officiers de l’armée. Il a commémoré la date du 9 juin pour rendre hommage aux «victimes d’un montage contre des officiers de haut rang des ex-Forces armées zaïroise (Faz) ».

L’ancien colonel Omba, devenu sénateur, fustige la lenteur de la Haute Cour militaire à ouvrir le procès en révision en vue de l’innocenter. Cette juridiction rejette cette accusation et déclare être confrontée au problème de preuves ou pièces à conviction.

Le sénateur Omba, qui exerçait les fonctions de chef de sécurité du président Mobutu au moment des faits, dit avoir du mal à oublier le «jour sombre du 9 juin 1975.» Mardi, outre une messe d’action de grâce à Notre Dame de Fatima en mémoire des victimes, il s’est recueilli sur les tombes des généraux Fallu Sumbu et Utshudi Wembolenga au cimetière de la Gombe, qui avaient été aussi condamnés comme lui à la peine de mort dans cette affaire.

Mais depuis 2009, année où il a introduit sa requête pour la révision du procès, il estime que la Haute Cour militaire rechigne à l’ouvrir:

«Je réclame la justice, je ne leur demande pas de me faire une faveur. Ça fait un an et demi aujourd’hui, on ne nous appelle pas. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est-à-dire qu’ils distribuent la justice à qui ils veulent, ils regardent les têtes des gens ?»

La Haute cour militaire se défend contre toute accusation de laxisme. Le lieutenant-colonel Kasongo, premier conseiller du président de cette juridiction, affirme que cette instance est confrontée au problème de pièces à conviction. Mais elle a également du mal à retrouver le lieutenant Kabamba, principal témoin à charge en 1975, qui s’est rétracté en 1992, selon le sénateur Omba.
Néanmoins, la Haute Cour militaire fait savoir que l’avocat du sénateur Omba était en contact la semaine passée avec le greffier principal pour voir comme fixer cette affaire en audience.

«Lavé de l’opprobre »

Le 9 juin 1975, le président Mobutu a procédé à une vague d’arrestations sans précédent à la tête de l’armée. Des officiers de haut rang, notamment le général Fallu Sumbu, attaché militaire à l’ambassade du Zaïre à Washington revenu au pays en début du juin, le général Utshudi Wembolenga, commandant de la 4ème région militaire basée à Lubumbashi rappelé à Kinshasa, les généraux Katsuva et Ngay Kasasa, le colonel Omba, chef de la sécurité présidentielle et consorts, sont accusés de préparer un coup d’Etat contre le régime Mobutu en connivence avec la CIA, les services de renseignements américains.

Une trentaine de personnes, militaires comme civiles, est impliquée dans cette affaire. Les accusés sont dégradés de leurs titres militaires et condamnés à l’issue d’un procès expéditif et non contradictoire à de peines différentes. Leurs biens sont confisqués.
Sous la pression internationale, les sept condamnés à mort, dont le colonel Omba, ne sont pas exécutés.
Graciés en 1979, ils ne seront pourtant jamais blanchis par la justice militaire et l’Etat congolais est resté propriétaire de leurs biens jusqu’à ce jour.

Dans sa démarche actuelle devant la Haute Cour militaire, le sénateur Omba, 77 ans, voudrait tout simplement se voir «lavé de l’opprobre » qui le couvre depuis 40 ans.

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