Égypte : Morsi brave l'armée et rétablit le Parlement- Le Figaro

Le président islamiste a annulé dimanche la dissolution de l’Assemblée prenant à revers la justice et les militaires.

À couteaux tirés depuis la chute de Hosni Moubarak, en février 2011, l’armée et les islamistes parviendront-ils jamais à apurer leurs contentieux? Le 15 juin, la Haute Cour constitutionnelle égyptienne avait déclaré un tiers des sièges de l’Assemblée du peuple invalide, bloquant du même coup son fonctionnement, faute de quorum (360 des 498 sièges). Techniquement, il s’agissait d’une inconstitutionnalité, et non d’une dissolution.

C’est sur cette nuance juridique subtile que s’est appuyé le nouveau chef de l’État, Mohqmmed Morsi, pour prononcer le rétablissement du Parlement. Les experts, eux, sont profondément divisés sur la question: certains considèrent que le Parlement, n’ayant pu siéger, a été dissous de fait ; d’autres estiment que la posture du président ne vise pas tant la Haute Cour que le Conseil suprême des forces armées, à l’origine du coup de force contre l’Assemblée.

Parallèlement, Saad al-Katatni, président de ladite Assemblée, a convoqué une session mardi. Et son recours est toujours examiné par la Haute Cour administrative, appelée à se prononcer sur la légalité, ou non, de l’invalidation d’un tiers des sièges. «Le jugement devait être rendu ces jours-ci», déclare Rawi Camel-Toueg, membre du parti des Égyptiens libres, dans l’ex-Assemblée. «Ce que nous reprochons à M. Morsi, c’est de ne pas avoir attendu ce jugement avant de prendre la décision de réhabiliter le Parlement», précise ce libéral. La suite sur www.lefigaro.fr