Des milliers de mineurs subissent des violences en Ituri, selon la société civile

Des milliers de mineurs subissent des violences qui laissent des cicatrices invisibles mais indélébiles dans la province de l’Ituri, se plaignent la société civile et les structures citoyennes.

Ces organisations ont tiré la sonnette d’alarme à l’occasion de la Journée internationale des enfants victimes innocentes d’agressions, célébrée le 4 juin de chaque année.

L'histoire d'Anuarité illustre ce drame silencieux

Réfugiée avec ses parents sur le site de déplacés de Kigonze à Bunia depuis l'âge de huit ans, elle grandit dans le dénuement le plus total. 

Soigner les traumatismes de guerre

Pour Marthe Dheve, vice-présidente du Collectif de femmes leaders de l'Ituri, la reconstruction de la province passera impérativement par la guérison psychologique de sa jeunesse :

« Quand ces enfants ont subi ou ont vécu des actes d’agression, ils restent avec des séquelles. C’est la raison pour laquelle ils sont profondément traumatisés. Il faut un accompagnement psychologique urgent pour les aider à sortir de cet état ».

La place de l'enfant n'est pas au front

L'autre fléau majeur qui guette les mineurs de l'Ituri reste leur enrôlement aux milices locales. Un crime de guerre face auquel Gloire Abasi, président du Parlement des enfants de l'Ituri, a tenu à lancer un avertissement sévère aux seigneurs de guerre :

« L’enfant, sa place n’est pas dans les groupes armés. Que ceux qui recrutent des enfants sachent que demain ils répondront de leurs actes devant la justice. »

Ce leader d'opinion a également interpellé le gouvernement congolais, lui demandant d'assumer sa responsabilité première en faisant respecter la loi de 2009 portant protection de l’enfance. Alors que l'insécurité persiste, les défenseurs des droits de l'homme rappellent que sans éducation ni prise en charge psychosociale, c'est tout l'avenir de la région qui est hypothéqué.

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