
Le secteur de l’électricité en République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une progression remarquable au cours des cent derniers jours. Selon les statistiques présentées mercredi 29 juillet à Kinshasa par le Comité de gestion de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), les investissements mobilisés ont atteint 2,30 milliards de dollars américains, un niveau largement supérieur à celui observé en 2025.
Lors d’un briefing de presse, la Directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz Moto, a indiqué que cette dynamique d’investissement s’est traduite par une capacité énergétique additionnelle de 2 684,838 mégawatts destinée à renforcer l’offre électrique nationale.
Au-delà des investissements, l’ARE a également mis en avant une nette accélération du traitement des dossiers liés à la régulation du secteur. En seulement 100 jours, 12 dossiers tarifaires ont été examinés et traités, contre quatre seulement durant toute l’année 2025.
Dans le même intervalle, l’autorité a délivré 18 avis favorables pour l’obtention de titres énergétiques, facilitant ainsi l’entrée de nouveaux acteurs et le développement de projets dans le secteur. Par ailleurs, 16 ouvrages électriques ont été inspectés afin de s’assurer de leur conformité aux normes de sécurité en vigueur en RDC.
Une priorité accordée aux zones industrielles
Selon Soraya Aziz Moto, les nouvelles capacités énergétiques générées au cours de cette période ont été principalement orientées vers les zones industrielles, dans l’objectif de soutenir la production économique et d’améliorer la compétitivité du tissu industriel national.
Cette orientation répond à la volonté des autorités de renforcer l’accès à une énergie fiable pour les entreprises, considérée comme un levier essentiel de croissance et de création d’emplois. Toutefois, les retombées pour les ménages restent limitées à ce stade, les investissements ayant été concentrés en priorité sur les besoins du secteur productif.
Malgré ces résultats encourageants, la situation de l’approvisionnement électrique demeure préoccupante dans plusieurs agglomérations, notamment à Kinshasa, où les délestages et les perturbations de la desserte continuent d’affecter les consommateurs.
Le régulateur fait notamment face aux contraintes structurelles de la Société nationale d’électricité (SNEL), dont l’organisation reste marquée par un lourd endettement et un fonctionnement fortement centralisé. Dans ce contexte, l’ARE intervient essentiellement sur les questions de conformité réglementaire et de supervision du marché.
Toutefois, l’institution reconnaît que ses marges de manœuvre restent limitées lorsqu’il s’agit d’imposer des sanctions coercitives immédiates susceptibles d’améliorer rapidement la qualité du service fourni aux usagers.
Ces performances enregistrées en 100 jours témoignent néanmoins d’une intensification des activités de régulation et d’une attractivité croissante du secteur électrique congolais auprès des investisseurs. Si les nouvelles capacités de production constituent un signal positif pour l’économie nationale, le défi majeur demeure l’amélioration de l’accès à l’électricité pour les ménages ainsi que la modernisation du réseau de distribution afin de répondre durablement à la demande croissante du pays.








