Les ingénieurs, chefs de chantiers et agents ayant travaillé dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) dans la province du Maniema montent au créneau pour réclamer le paiement de plus de 22 mois d’arriérés de salaire. Réunis autour d’un mémorandum de doléances adressé, mercredi 29 juillet, aux autorités congolaises ainsi qu’aux partenaires du projet, ils demandent une intervention urgente afin d’obtenir le versement de leurs rémunérations.
Selon ces travailleurs, au nombre de plus de soixante, leur situation sociale et économique s’est fortement dégradée après de longs mois sans paiement. Ils affirment avoir participé à l’exécution des travaux dans le cadre d’un programme considéré comme stratégique pour le développement des infrastructures de base en République démocratique du Congo.
Dans leur mémorandum, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient d’abandon de la part de l’entreprise SAFRICAS, qu’ils présentent comme leur employeur dans le cadre du projet. Ils estiment avoir rempli leurs obligations professionnelles et réclament désormais le paiement intégral de leurs droits.
« Nous, ingénieurs, chefs des chantiers et agents travaillant dans le projet de 145 Territoires, avons l'honneur de porter à la connaissance de l'opinion publique et des autorités compétentes la situation préoccupante que nous traversons depuis plusieurs mois. Depuis le mois d'octobre 2024 jusqu'à nos jours, nous n'avons pas encore touché nos salaires », a déclaré l’ingénieur Okitekamba Diomu Thomas, lisant un extrait du mémorandum.
Les travailleurs sollicitent l’implication des autorités nationales, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ainsi que des différentes entreprises intervenant dans le projet afin qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais.
« Nous demandons aux autorités, au PNUD qui a donné le marché à SAFRICAS, et à SAFRICAS qui nous a abandonnés chez ITM que nous ne connaissons même pas, de trouver rapidement une solution à l’amiable pour notre cause. Nous avons travaillé pour l’intérêt de la nation et nous avons besoin d’être récompensés », a poursuivi le porte-parole du groupe.
Malgré leur mécontentement, les concernés affirment privilégier la voie du dialogue et les procédures légales pour faire valoir leurs droits. Ils préviennent toutefois que leur patience atteint ses limites après près de deux années d’attente.
« Nous réaffirmons notre volonté de privilégier le dialogue et les voies légales pour obtenir le paiement de nos droits. Toutefois, après près de 22 mois d’attente et de silence, nous ne pouvons plus rester dans cette situation de précarité et d’incertitude », ont-ils écrit dans leur mémorandum.
Les agents soulignent que l’absence de salaire a plongé plusieurs familles dans de graves difficultés financières, certains travailleurs éprouvant désormais des difficultés à subvenir aux besoins essentiels de leurs ménages.
Contacté par Radio Okapi, le représentant de SAFRICAS au Maniema rejette la responsabilité de cette situation sur l’entreprise ITM. Selon Alain Kabongo, SAFRICAS n’aurait pas directement recruté les ingénieurs et agents concernés.
« SAFRICAS a signé un contrat avec ITM pour le recrutement des ressources humaines », a-t-il expliqué, invitant les plaignants à se tourner vers cette société pour leurs réclamations salariales.
Cette divergence de responsabilités entre les différentes parties impliquées dans le projet laisse pour l’instant les travailleurs dans l’incertitude. En attendant une réponse concrète des autorités, des entreprises et organisations concernées, les ingénieurs, chefs de chantiers et agents du PDL-145T au Maniema continuent de réclamer le paiement de leurs salaires, qu’ils considèrent comme un droit légitime après les services rendus dans le cadre de ce vaste programme de développement.








