Face à une surpopulation carcérale extrême dans la prison de Makala, le gouvernement prend une mesure conservatoire d'urgence. Par une circulaire parvenue ce jeudi 22 octobre 2026 à Radio Okapi, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux interdit l'admission de tout nouveau détenu cette prison, sauf dérogation exceptionnelle d'ordre judiciaire.
L'objectif affiché est d'enrayer une crise humanitaire et sanitaire au sein du plus grand centre pénitentiaire de la capitale.
Conçue initialement lors de sa construction pour héberger un effectif maximal de 1 500 pensionnaires, la prison centrale de Makala fait face à un engorgement massif sans précédent.
Selon les chiffres officiels figurant dans le document ministériel, le site pénitentiaire compte actuellement au moins 16 155 personnes privées de liberté, parmi lesquelles figurent 303 femmes ainsi que 201 enfants mineurs en conflit avec la loi.
Cette surfréquentation dramatique compromet gravement l'accès aux soins de santé de base, à la restauration et aux normes minimales d'hygiène, transformant l'enceinte en un foyer de vulnérabilité sanitaire pour les détenus comme pour le personnel d'encadrement.
Une réponse conservatoire pour préserver la sécurité et la dignité humaine
D'après le ministère de la Justice, cette décision à caractère temporaire répond à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires urgents. Elle s'inscrit dans le cadre légal fixé par la loi n° 23/028 du 15 juin 2023 relative au régime pénitentiaire et à la protection des droits des personnes détenues.
À travers cette instruction ferme transmise aux parquets et juridictions de Kinshasa, l'exécutif entend freiner l'aggravation des conditions de détention et réaffirmer la responsabilité de l'État dans la préservation de la dignité humaine en milieu carcéral.
En parallèle, le gouvernement réitère sa volonté d'accélérer les mécanismes d'apurement judiciaire, de libération conditionnelle et de transfèrement vers d'autres centres afin de désengorger durablement les établissements pénitentiaires du pays.








