Procès de la pentecôte : le ministère public et la défense opposés sur l’infraction principale

La cour militaire de Gombe continue à poursuivre en chambre foraine les instructions sur le dossier des 44 ex-FAZ détenus depuis 5 ans au centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa. A l’audience publique de jeudi, le ministère public et la défense ne se sont pas entendus sur l’infraction principale à mettre en charge des prévenus. L’organe de la loi attribue aux prévenus l’infraction d’insurrection. Ce que le collectif de la défense rejette, rapporte radiookapi.net

Pour le collectif de la défense, il s’agissait d’une manifestation de mécontentement organisée par les ex-Faz, et non une insurrection. Selon les avocats, cette action n’a été qu’un moyen pour ces militaires professionnels de dire non à la souffrance et aux humiliations dont ils ont été victimes à leur retour de l’exil.

Pour Peter Mbomo, coordonnateur du collectif de la défense, l’organe de la loi ne peut s’en tenir qu’aux conséquences de cette manifestation pour envisager l’infraction : « [ils étaient] victimes de diverses formes d’injustice. Voilà pourquoi, pour faire entendre leurs voix en tant que militaires, ils ont pris les armes. Maintenant le ministère public trouve qu’il s’agit plutôt d’un mouvement insurrectionnel. Nous réfutons cela. Voilà pourquoi nous parlons, nous, de manifestation. Nous savons ce qui s’est passé à l’Est [du pays]. Il y a des mécontentements et autres puisqu’il n’y avait pas eu dialogue. Qu’est ce qu’on a fait à l’Est ? On a pris des armes. Et voilà qu’aujourd’hui ils ont bénéficié de l’amnistie. »

Pour le ministère public, ces ex-Faz, dans leur mouvement, ont occupé des lieux dans la capitale en tirant plusieurs coups de feu pendant deux heures. C’est une preuve d’infraction d’insurrection à mettre inévitablement à charge des prévenus. La cour militaire n’a pas pu départager les deux parties en procès sur cette affaire, faute de temps. La cour a levé la séance pour y revenir le jeudi prochain.