Comment réduire la pauvreté en République Démocratique du Congo ? La question a fait l’objet d’une réflexion de deux jours à Goma, au Nord-Kivu, du 9 au 10 novembre, entre ministres provinciaux du plan et d’autres experts du pays sous la supervision du ministère national du Plan et du PNUD. A l’issue des travaux, un plan quinquennal a été mis à jour comme une stratégie à appliquer dès 2010, rapporte radiookapi.net
C’est un plan cadre avec le DSCRP, Document de stratégies et de croissance pour la réduction de la pauvreté en RDC. Une soixantaine de participants, ministres provinciaux du plan de toutes les provinces, chefs de divisions du plan, experts du ministère national du Budget, du PNUD et de la Banque mondiale ont pris part à son élaboration. Désormais, le pays sera piloté sur base d’une planification coordonnée entre le gouvernement central et les provinces, en vue de créer une synergie du développement et réduite ainsi la pauvreté en RDC, a indiqué le ministre du Plan, Olivier Kamitatu. D’où la nécessité, c’est l’une des recommandations des travaux, du renforcement des capacités des ministères provinciaux du plan et de la maîtrise des outils de programmation et de budgétisation.
quid du DSCRP?
Avant sa mise en application, ce plan quinquennal devra d’abord être soumis à l’Assemblée nationale pour son adoption. C’est à Lubumbashi, en 2008, que cette stratégie avait été conçue aux cours des travaux similaires.
Selon un document de la Banque mondiale, le DSCRP a été élaboré en 2003, un an après l’adoption du DSCRP intérimaire et les résultats positifs de sa mise en œuvre. C’était un des grands enjeux de la transition issue du Dialogue inter Congolais de Sun City, en Afrique du Sud. D’autant plus qu’il s’agissait d’un document consensuel de référence pour tous les partenaires au développement de la RDC, et un instrusment indispensable de négociation entre le gouvernement et les institutions de Bretton Woods dans le cadre du Programme des pays les plus pauvres et très endettés (PPTE). La finalisation du DSCRP est finalement intervenue en juin 2006, juste à la fin du gouvernement de transition qui l’avait adopté. « L’élaboration du DSCRP, dans un pays continent comme la RDC, a été des plus difficiles, des plus coûteuses et des plus complexes », souligne un expert de la Banque mondiale.
Cinq piliers
Les difficultés d’accès à certains coins du pays, dues notamment à l’éloignement et à l’insécurité, ainsi que l’instabilité politique, étaient parmi les défis majeurs à relever dans l’élaboration de ce document. Le processus a bénéficié de l’apport de plusieurs partenaires : le PNUD, DFID, l’Union européenne, la Belgique, la France, la Hollande, le Japon, le Canada, la BAD, la Banque mondiale et le FMI. Et le processus a été inclusif. Il a permis à tous les acteurs de développement économique et social du pays d’intervenir. Et c’est sur base d’un choix consensuel, que le DSCRP s’est constitué autour de cinq piliers stratégiques : consolider la paix, renforcer les institutions et promouvoir la bonne gouvernance ; relancer l’activité économique et consolider la croissance ; améliorer l’accès aux services et réduire la vulnérabilité ; combattre le VIH/SIDA ; et appuyer la dynamique communautaire.
Unique cadre de référence
L’objectif de ce document est d’amorcer un développement durable et concerté en RDC. Il se retrouve comme unique cadre de référence et de planification du développement économique et social dans ce pays. Le plan quinquennal mis à jour à Goma en tire certainement toute sa substance. Un plan qui intervient au moment où la RDC et le FMI viennent de surmonter leur différend en rapport avec le contrat chinois. Contrat qui faisait obstacle à un programme économique entre les deux parties (RDC et FMI). La voie est donc ouverte pour l’effacement de la dette extérieure congolaise dans le cadre du PPTE.









