Bunia: les lavements à base des plantes traditionnelles font des victimes parmi les enfants

La pratique prend de l’ampleur dans les ménages de la ville. L’ONG Médecins sans Frontières qui observe ce phénomène depuis trois mois tire la sonnette d’alarme. Pour leur part, les autorités sanitaires, inquiètes, demandent à la population d’abandonner cette thérapie, rapporte radiookapi.net

Les chiffres recueillis à l’Hôpital «Bon Marché» de Bunia font état de six enfants morts au mois de septembre dernier. Au mois d’octobre, ce chiffre a doublé. 12 enfants sont morts des suites d’un lavement indigène.

Selon des enquêtes de Médecins sans Frontières, ces lavements font partie des us et coutumes de la population. Les mères ont recours à cette pratique pour tenter de guérir la fièvre, la diarrhée ou toutes les autres maladies dites infantiles.

Le docteur Papy Kamanda, médecin à l’Hôpital «Bon Marché» fait remarquer que les plantes à base du lavement sont toxiques. Les conséquences sont nombreuses au niveau des intestins. Ces produits passent par les intestins avant d’atteindre la circulation sanguine. Ils peuvent entraîner toute sorte de pathologie jusqu’au niveau du foie et du cerveau et provoquer la mort, a dit le médecin.

Ce que confirme une femme dont l’enfant est hospitalisé depuis deux semaines. La mère affirme avoir eu recours à cette pratique sur recommandation de sa voisine. Elle a ajouté que la médecine traditionnelle était impuissante pour le cas de son enfant.

Les autorités sanitaires considèrent le lavement avec les plantes traditionnelles comme un problème de santé publique. Elles comptent sensibiliser la population pour un changement de comportement.