Kinshasa: 58 amnistiés sans les condamnés du procès Laurent-Désiré Kabila

Cinquante-huit prisonniers du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (ex-prison de Makala) ont bénéficié lundi d’une mesure de grâce. C’est ce qui ressort de l’arrêté du ministre congolais de justice. Honorius Kisimba Ngoy précise qu’il s’agit là d’une première vague d’une série d’amnistiés. En revanche, les condamnés du procès Laurent-Désiré Kabila ne sont pas concernés par cette amnistie, a-t-il signifié à radiookapi.net

«Je ne fais qu’exécuter la loi. La loi sur l’amnistie a désigné le ministre de la justice pour pouvoir exécuter…», a indiqué Kisimba Ngoy. Il a annoncé que d’autres vagues de mise en liberté suivront celle qui a concerné les 58 prisonniers.

Concernant cette mesure de grâce, le ministre a dit avoir tenu compte de l’avis consultatif de la Cour suprême de justice. Et puis il a mis en place une commission constituée des magistrats tant civils que militaires et des membres de son cabinet. Cette commission, a-t-il précisé, a travaillé pendant deux mois.

Le ministre a ensuite indiqué que les condamnés du procès sur l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila n’étaient pas concernés à première vue par cette amnistie. En effet, l’avis de la Cour suprême de justice prévoit que tous ceux qui ont été mêlés à l’assassinat d’un chef d’Etat ne sont pas concernés par cette mesure de grâce, a-t-il rappelé. Mais Kisimba Ngoy tient à faire un distinguo : «Il est vrai qu’il y a eu des gens qui ont été condamnés au même moment que les vrais assassins du président Laurent-Désiré Kabila. Ces gens n’ont rien à avoir avec cet assassinat. C’est une autre vaque qui va venir

Pour sa part, «Toges Noires», une ONG de défense des droits de l’homme se dit ne pas être surprise par cette décision du ministre. Son président, Me Muila Kayembe promet de ne pas baisser les bras pour faire triompher la cause des prisonniers du dossier Laurent Désiré Kabila, même pendant la troisième République. «Vous vous souviendrez que nous avons critiqué l’avis de la Cour suprême de la justice. C’est regrettable…Mais nous continuerons la lutte même pendant la 3e République pour obtenir la libération de tous ces condamnés-là, parce que nous sommes convaincus qu’ils devraient bénéficier de cette amnistie. Malheureusement, il y a eu beaucoup de manœuvres politiciennes. Le chef de l’Etat a saisi la Cour suprême, la Cour a fait ce qu’elle a fait, mais ce n’est qu’une partie remise, c’est regrettable», a indiqué Me Muila.