Kinshasa: réactions à l’encerclement des résidences des leaders politiques

Un jour après cet encerclement par des policiers, les langues se délient pour soit justifier cet acte, soit pour le condamner. Le gouverneur de la ville de Kinshasa par exemple soutient que cette mesure a été prise par la haute hiérarchie pour protéger ces leaders contre d’éventuelles menaces des manifestants. Mais deux ONG des droits de l’homme condamnent avec la dernière l’énergie ce quadrillage, indique radiookapi.net

Selon le gouverneur Kimbembe Mazunga, tous les «point chauds» de la ville de Kinshasa ont été sécurisés mercredi matin. «Moi-même je me suis réveillé avec un dispositif sécuritaire que je n’ai jamais vu ces derniers mois», a-t-il avoué. Selon le numéro un de la capitale, le ministre de l’Intérieur lui a fait comprendre que ce sont des dispositions qu’on prend d’habitude pour éviter des atteintes à ces personnalités.

Le gouverneur affirme par ailleurs avoir été aussi contacté par le secrétaire particulier du docteur Matusila, un des candidats à la présidentielle ainsi que par le ministre de l’Information et Presse au sujet de la résidence de Roger Lumbala… Ce sont des personnalités, selon lui, qui pouvaient constituer des cibles par rapport à certains débordements des forces vives qui se seraient déployées sur des tronçons. «Nous avons été informé qu’il a été plus question de sécurisation que d’intimidation ou d’imposition de la paix», a-t-il précisé.

Même son de cloche de la part de l’Inspecteur de police de la ville de Kinshasa. Le général Patrick Sabiti affirme que la police a été déployée dans un premier temps pour sécuriser ces personnalités politiques et leurs biens. Certains ont demandé d’être sécurisés, craignant des gens qui voulaient créer le désordre chez eux. C’est dans le cadre de sa mission d’assurer la protection des personnes que la police est intervenue, a-t-il expliqué. Pourtant, d’après ces leaders, la police les aurait empêchés de participer à la marche. A ce sujet, l’Inspecteur de la police répond qu’il ne s’agit que d’une opinion exprimée par ces leaders.

De leur côté, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) et l’ONG la Voix des sans voix (Vsv) condamnent le quadrillage des résidences de certains candidats à l’élection présidentielle par la police dans la nuit du mardi à mercredi à Kinshasa. La Vsv craint aussi les risques de dérive qui, selon elle, pèse sur le processus électoral en cours.