Entrer ou sortir de la capitale de la RDC par l’aéroport international de N’djili constitue un véritable calvaire. Les voyageurs sont l’objet de tracasseries de la part des multiples services en présence. Et la plupart sont dépouillés de leur argent, rapporte radiookapi.net
Un reporter de Radio Okapi a vécu de visu jeudi ce calvaire des voyageurs.
Pour sortir, les passagers sont soumis à l’exercice d’une fouille systématique de leurs bagages. Après le passage au détecteur de métaux, les mêmes bagages passent à un deuxième contrôle, manuel, cette fois-là, effectué par des agents de divers services. Cela, dans un remue-ménage très souvent interrompu t lorsqu’un billet de banque apparaît et disparaît aussitôt dans les poches des agents.
Parmi ces agents, les plus en vue sont ceux de la RVA (Régie des voies aériennes), l’Ofida (office de douane et accises), la DGM (Direction générale de migration) et même celui des LAC (Lignes aériennes congolaises).
Après ces étapes, vient ensuite le contrôle de passeports et de visas au bureau de la DGM. Là, dès que les formalités sont terminées, et en dépit de la régularité des documents présentés par le voyageur, celui-ci laisse un pourboire, comme c’est la pratique. Après quoi, il peut ainsi aller attendre tranquillement l’heure de l’embarquement.
La gymnastique à l’arrivée est plus éprouvante encore à l’aéroport international de N’djili. Du tarmac au parking des taxis, de l’autre côté de l’ouvrage, en passant par la salle d’attente, les voyageurs, surtout les nouveaux venus, sont soumis à un véritable parcours de combattant. Dès le tarmac, agents de l’Ofida, de l’ANR (Agence nationale de renseignements), de la DGM et mêmes des militaires ne tenue, se ruent et se disputent les valises des voyageurs, pour la fouille. Cela se termine souvent par un marchandage avec le propriétaire du colis. Et au bout du compte, ce sont des billets de banque qui glissent et passent d’une main à une autre, dans la chaîne.
Les voyageurs nantis ou habitués au jeu, sont plutôt l’objet d’une certaine considération de la part de tous ces agents. On le voit souvent escortés par des hommes en uniforme, souvent précédés par quelques manutentionnaires. En peu temps, ils se retrouvent de l’autre côté où les attendent les voitures.
rnEn revanche, malheur aux non initiés et aux premiers venus. Au-delà des formalités agaçantes, ils risquent de tomber entre les mains des agents sans scrupules et de se faire ainsi dépouiller. Une délégation des investisseurs japonais de l’agence nippone internationale JICA et du ministère des Affaires étrangères de ce pays a connu ce malheur, selon le quotidien kinois L’Observateur dans son édition de mercredi dernier. Après 15 ans d’interruption de la coopération bilatérale, la délégation japonaise est venue renouer avec la RDC. Mais elle a passé trois heures à l’aéroport pour les formalités. rn rnLe dernier cas en date est celui d’un ressortissant canadien venu en RDC dans le cadre d’une visite de son église. Ce dernier a été dépouillé d’une importante somme par certaines personnes se disant être des services des renseignements et de la police. Interrogé à partir de son hôtel, M. Tim Kernan raconte son calvaire : «Quand j’ai débarqué, je me suis retrouvé dans une situation d’insécurité. J’ai vu les gens partout, même ceux qui n’étaient pas de la police. Certains se sont dirigés vers moi et m’ont brandi leur carte de sécurité. Ils étaient accompagnés d’un policier et m’ont demandé 400 dollars pour me laisser passer. Quand j’ai quitté l’aéroport, j’ai vu autre gars qui m’a demandé 100 dollars pour me conduire à l’hôtel. Je n’avais pas de choix. J’ai donné 100 dollars, c’est cela la pratique, c’est triste »








