Goma : insécurité, l'Assemblée provinciale accuse les brigades mixées

Le rapport de la commission d’investigations mis en place pour faire le point sur de nombreux cas d’insécurité constatés dans la province depuis le début de l’année est catégorique. Des soldats des brigades récemment mixées se sont rendus coupables de plusieurs abus dans les contrées où ils sont basées, rapporte radiookapi.net

La plénière a adopté à l’unanimité ce rapport. Ces brigades sont impliquées dans les assassinats des civils, les arrestations arbitraires, les recrutements des enfants, notamment dans les territoires de Masisi et Rusthuru.

Les brigades mixées impliquées dans des exactions sont notamment, celles de Bravo, Alpha et Charly, déployées entre janvier et mars 2007 dans ses deux territoires du Nord-Kivu.

A Masisi par exemple, les unités issues de la brigade Charly déployées à Ngungu, Gasake, Luke et Mushaki, sont responsables, selon le rapport, de plusieurs cas de viols, rançonnements, tortures et incendies des maisons. Quant à la brigade Alpha, le bataillon le plus incriminé par le rapport est celui déployé à Mweso, Kashunga et Kalembe. Enfin, la brigade Bravo déployée vers l’est du territoire de Rutshuru insécurise la totalité des localités sous son contrôle. Plusieurs personnes ont été assassinées, et d’autres enlevées par les éléments de cette brigade.

Parmi les causes de l’insécurité, le rapport évoque notamment l’absence d’une prise en charge correcte des militaires mixés. La commission estime également que c’est une erreur que d’avoir déployé les troupes mixées dans les régions où elles ont jadis commis plusieurs exactions.

Aussi, la commission recommande-t-elle au gouvernement d’en tenir compte, et de briser l’impunité en traduisant devant les cours et tribunaux les auteurs des crimes et violation des droits de l’homme.

Concernant la crédibilité de ce rapport, le rapporteur de la commission, Me Akizumwami Jules, estime qu’il s’agit d’une collecte des données fournies par plusieurs Ong et chefs locaux à partir de Goma. S’il n’est pas totalement crédible, dit-il, il constitue néanmoins une balise pour tout celui qui voudrait vérifier les faits sur le terrain.