Bunia : les habitants contre un projet de construction d'un camp militaire

Ce site est habité par une cinquantaine de familles sur l’avenue Kidjogolia dans le quartier Bankoko. La semaine dernière, des géomètres sont allés y effectuer des travaux de bornage sous la supervision d’officiers FARDC, rapporte radiookapi.net

Ce qui a provoqué la réaction de ces habitants. Une délégation de 20 personnes représentant ces familles a déposé jeudi un mémorandum à l’autorité du district de l’Ituri. Ces familles refusent d’être dépossédées du terrain, estimant que celui-ci est leur propriété.

Membre de cette délégation, Yemima Sove ne cache pas son indignation : « Nous sommes des enfants qui avons grandi ici au quartier Bankoko à l’avenue Kidjogolia. Nos parents sont morts et nous sommes restés avec nos enfants que nous élèvons. Depuis la période de guerre nous avons fui, toutes nos maisons ont été incendiées. Mais nous sommes étonnés de voir des bornes dans nos parcelles. Et pourtant nous voudrions regagner nos maisons. Nous sommes des locataires et les propriétaires des parcelles nous harcèlent. Nous n’avons pas d’argent pour payer les loyers. Nous sommes des orphelins. Au lieu de nous laisser le temps de chercher les moyens pour construire, ils ont aggravé notre souffrance en mettant des bornes. Tous les arbres : avocatiers, de manguiers ont été détruits et coupés. »rn rnContacté, l’officier qui supervisait les travaux de bornage dans cette concession a indiqué qu’il a reçu l’ordre du commandant de la zone opérationnelle des FARDC de l’Ituri, le général Vainqueur Mayala. Celui-ci a affirmé pour sa part que le terrain a été acquis légalement par l’Armée pour y ériger un camp militaire.

Ce n’est pas une occupation illégale. Vous vous souvenez que nous avons posé la première pierre. Ce n’est pas moi qui ai posé cette pierre. C’est le ministre de la Défense qui était de passage », a expliqué l’officier, ajoutant que toutes les autorités, de Kinshasa à Bunia, sont informées du projet. La plupart des habitants du site concerné sont des retournés de guerre. Ils avaient abandonné leurs parcelles en 2003 pour fuir la guerre.