Goma : la sécurisation du Nord-Kivu au centre de réflexions

Une centaine d’acteurs politiques nationaux et provinciaux ont pris part à cette réflexion organisée jeudi à l’initiative de Pole Institute. Pour les participants, la sécurité au Nord-Kivu passe avant tout par l’éradication du phénomène FDLR, rapporte radiookapi.net

Les avis divergent cependant quant aux stratégies pour y parvenir. Pour les uns, la solution, c’est l’usage de la force pour rapatrier les combattants rwandais, tandis que pour les autres, il faut plutôt un dialogue inter Rwandais, à l’instar du dialogue inter Congolais de 2002-2003.

D’après les tenants de cette dernière thèse donc, la sécurité au Nord-Kivu dépend de la volonté politique du gouvernement rwandais à favoriser la réconciliation entre groupes du pays. C’est le point de vue du député Jean Bosco Barihima. « Je voudrais que le gouvernement congolais prenne des initiatives allant dans le sens de rencontrer les gouvernants rwandais pour leur faire comprendre le bien-fondé d’organiser le dialogue inter Rwandais. ». Le député invite la communauté internationale à faire la même démarche envers Kigali. « Sinon, nous risquons d’aller d’un cycle de violence à un autre, et finalement nous n’aurons pas une stabilité réelle », a-t-il déclaré.

Les partisans de la force ne sont pas de cet avis. Me Désiré Muiti Muhindo-Ngashani du barreau de Goma s’explique : « Nous sommes en face d’hommes armés. Je ne sais pas quelle solution on peut négocier avec les FDLR. De toutes les évidences, je crois qu’il faudra regrouper les Interhanwe, les désarmer et les rapatrier. »

Entre les deux positions, d’autres participants estiment que la sécurisation de la province du Nord-Kivu ne sera jamais durable sans un pardon mutuel entre ses différentes communautés. Il faudra ainsi, disent-ils, que le gouvernement prenne ses responsabilités.