L’habitat en RDC, encore un slogan

Le monde a commémoré ce lundi 1er octobre la journée internationale de l’Habitat. En RDC, l’habitat reste encore au stade du slogan. La législation en la matière est loin d’être respectée, rapporte radiookapi.net

Jean est locataire. Il vit à Lingwala avec sa famille. Il partage la parcelle avec cinq autres familles. Au total, au moins trente-cinq personnes vivent dans cette parcelle. “J’ai payé une garantie locative de dix mois comme exigé par mon bailleur. Nous sommes nombreux dans la parcelle, nous avons un seul robinet et chaque famille puise l’eau à tour de rôle. Nous avons deux installations sanitaires. ”. La situation de Jean est un cas parmi des centaines de milliers d’autres dans la ville province de Kinshasa. Dans la capitale congolaise, trouver une maison à louer est une véritable épreuve. Dans la résignation, la plupart des locataires ne peuvent que se plier à la surenchère et aux caprices des bailleurs. Ceux-ci exigent une garantie de dix mois. La loi exige pourtant au maximum trois mois. Le bailleur de Jean comme beaucoup d’autres ignorent cette loi et la foulent au pied. En plus, dans certains cas, pour trouver une maison, le locataire doit remplir certaines conditions. Mme Marie, trouvée devant une agence immobilière à la recherche d’une maison depuis deux mois explique: “La plupart des bailleurs n’acceptent dans leurs maisons que des couples nouvellement mariés et sans enfant, des expatriés ou des gens qui ont un emploi rémunérateur.

Du côté des bailleurs, les raisons ne manquent pas. La construction est très coûteuse. Il faut donc, disent certains, récupérer l’argent dépensé. D’autres n’ont que leurs maisons comme gagne-pain. “ Je n’ai pas d’emploi. Mes enfants ne vivent que grâce à cette maison. Je demande dix mois de garantie, parce que l’ancien locataire avait payé dix mois. Il faut que je lui restitue son argent”, s’est justifié l’un d’eux.

A Lubumbashi, au Katanga, la situation n’est pas meilleure. Les prix de logements sont passés du simple au double, et dans certains cas même, au triple. Là aussi, la garantie locative oscille entre six et dix mois, voire douze mois. Pour les habitants de cette ville, la présence des entreprises minières est à la base de cette surenchère. Celles-ci offrent souvent des prix supérieurs à ceux payés par les locataires ordinaires. rn rnA Kinshasa comme à Lubumbashi, la solution au problème d’habitat passe par la construction des logements sociaux comme dans le temps, estiment des personnes interrogées.

Pour le moment, le gouvernement a signé des accords avec des investisseurs étrangers à cet effet. Une délégation d’hommes d’affaires ghanéens se trouvent actuellement à Kinshasa pour la prospection du site de Kinkole, dans la périphérie est de la capitale, où ils comptent contruire des maisons d’habitation. Au Katanga, le gouverneur de province a invité les responsables des enterprises minières à construire des maisons pour leurs agents sur l’axe Lubumbashi-Likasi où il existe encore des espaces vides.