Kinshasa : les professionnels de la santé durcissent leur grève

Ils ont accompli ce mercredi leur 6e jour d’arrêt de travail. Mardi, le constat fait après un tour dans les grandes formations médicales de la capitale a démontré la détermination du personnel de la santé de Kinshasa d’aller jusqu’au bout, rapporte radiookapi.net

Couloirs déserts, chambres presque vides, salles d’attente inoccupées, infirmiers, laborantins et techniciens de radiologie étaient réunis en petits groupes devant leurs bâtiments respectifs. Seules les blouses blanches en manche longue, entendez, médecins et médecins stagiaires étaient visibles. Au nombre de revendications de paramédicaux grévistes figurent la promulgation de la loi-cadre sur la santé, la correction du barème de la prime de risque ainsi que l’immatriculation des agents dits « nouvelles unités ». Ils ne reprendront le service qu’après satisfaction à toutes ces revendications, disent-ils. : « Que l’autorité puisse réfléchir un peu. Il y a une catégorie de citoyens constituée des professionnels de la santé. Cette catégorie ne peut être ignorée », a déclaré John Pindi, délégué syndical des infirmiers de l’hôpital de Kintambo.

Pendant ce temps, les malades sont abandonnés à eux-mêmes dans ces formations médicales publiques. Certains quittent ainsi leur lit d’hôpital pour la maison, d’autres vont poursuivre le traitement dans les centres hospitaliers privés. Une malade rencontrée à la clinique Ngaliema exprime sa désolation avec une petite voix fatiguée : « Jusque là je me débrouille moi-même à prendre le médicament. Parfois le médecin peut passer, mais souvent, tardivement, vers 23h, parce qu’il doit d’abord consulter. Nous réclamons que les infirmiers reviennent, ça ne va pas. Les gens sont en train de mourir. J’ai déjà emballé mes affaires, je dois rentrer à la maison, parce que personne ne s’occupe de moi, mieux vaut aller mourir à la maison que de rester à l’hôpital ».

Des médecins contactés déclarent qu’ils font actuellement un double travail : consulter et poser le diagnostic, et administrer les soins en lieu et place des infirmiers.