Bukavu : l’UNICEF pour l’application des textes protégeant les enfants

Le travail des enfants est un des fléaux de la société congolaise. La question est au centre d’une série de séminaires organisée par l’UNICEF au profit de tout le corps judiciaire du Sud Kivu, en vue de les pousser à l’application des textes relatifs à la protection de l’enfant, constate radiookapi.net

Dans la carrière de Wombo, à près de 10 kilomètres de Bukavu, on retrouve une dizaine d’enfants dont l’âge varie entre 10 et 17 ans. Ils passent plus de 7 heures, cassant des pierres destinées à la construction. Ils n’ont d’autres choix que ce travail qui, à la longue, est de nature à leur nuire. Des enfants témoignent. « J’ai 14 ans et j’ai 3 mois dans cette carrière. Si je remplis un fût de pierre, je gagne 800 FC (1,3 USD) ; si c’est une camionnette Dahiatsu, c’est 20 USD. » « J’ai 16 ans, et je suis ici depuis 3 ans. Je fais mon travail de 7 heures à 17 heures. »

Pour l’Unicef, ce phénomène d’exploitation abusive d’enfants n’est pas l’unique enregistrés dans la ville. Plusieurs plaintes indiquent l’utilisation d’enfants, notamment dans les snacks bars, toutes les nuits et dans des chantiers de construction de bétons, pour ne citer que ça.

Ce phénomène est encore au centre des discussions des agents judiciaires en séminaire avec l’UNICEF . Selon les magistrats, le problème réside dans les controverses sur l’âge d’admission de l’enfant au travail. Pour Jean-Félix Bomolo, juge au tribunal de grande instance d’Uvira, le problème majeur reste lié surtout à la pauvreté. « Si nous interdisons aujourd’hui à ces enfants de travailler, vous condamnez l’employeur aujourd’hui, le lendemain matin, cet enfant part travailler ailleurs. Il y a une difficulté là. Il faudrait donc aussi que le pouvoir puisse relever le niveau de vie des parents, que ceux-ci aient les moyens suffisants pour scolariser leurs enfants et les soutenir. Dans ces conditions là, on pourrait vraiment lutter contre le travail des enfants et atteindre les résultats escomptés . »