Des ONGs de défense des droits de l’homme et la société civile s’insurgent contre la méthode forte utilisée par la police pour traquer les adeptes du BDK (Bundu dia Kongo, un mouvement politico-religieux) au Bas Congo. Elles évoquent le cas d’un homme d’une quarantaine d’années du quartier Trabeka de Matadi, qui a reçu vendredi une balle dans la jambe gauche. Selon ce dernier, les policiers l’accusaient d’être «dikesa » ou adepte de BDK. Radiookapi.net livre son témoignage.
« J’étais en train de préparer mon petit déjeuner. J’ai vu deux policiers, un homme et une femme. Un autre était en tenue civile. Il venait du côté de l’église de Nzabi, vers le haut. J’étais devant ma maison. Un des policiers ma demandé si j’avais ma carte d’électeur. Je lui ai répondu que oui. Il m’a demandé d’aller la chercher. Pendant que j’entrais dans la maison, il m’a suivi et m’a saisi à la porte ceinture. La policière qui était avec leur chef en civil est venue. Elle me dira : « Comment le chef te parle et tu t’entêtes ? » Je lui ai répondu que je ne m’entêtais pas. Elle m’a dit : « Passe par ici ». Pendant que je me retournais, j’ai reçu une balle à la jambe. Je lui ai dit ; « Ce n’est plus une question de carte d’électeur, c’est maintenant le moment de me loger une balle dans la jambe ? »
La policière m’a demandé si je n’étais pas « dikesa » ou un adepte de BDK. Je lui ai répondu que je ne l’étais pas. Elle a ajouté : « Par ta façon de te coiffer, tu dois être dikesa ». Je lui ai dit que chacun a sa façon de se rendre propre »
La victime est soignée pour l’instant dans un hôpital de Matadi, sous bonne garde de la police. Pour sa part, Angelo Mayambula, président provincial de la société civile du Bas-Congo, invite la population à ne pas faire de fausses dénonciations.








