Boma : 6.000 tonnes de riz chinois saisies au port

Le port de Boma

Le port de Boma

Ce lot important de riz en provenance de l’étranger appartient à une entreprise opérant en RDC. Il s’agit de 120 mille sacs de riz déclarés “non conformes aux normes internationales ISO 7301-2002″. Selon l’OCC Boma, ces sacs de riz saisis depuis le 23 juin dernier sont consignés dans les dépôts sur ordre du parquet près le tribunal de grande instance de Boma.

Il s’agit des sacs de 50 Kg de marque « riz long chinois » débarqué sur le port de Boma par le navire Solvenia depuis le 8 juin. Selon l’OCC, Office congolais de contrôle, deux constats sont faits: primo, le riz serait périmé selon le certificat d’origine. Secundo, après les analyses, il y a vieillissement, ainsi le riz a une mauvaise couleur, une mauvaise odeur et un mauvais goût. D’ou, la cargaison sera saisie et consignée sur ordre du parquet dans les entrepôts. Notifiée, l’entreprise propriétaire du riz a sollicité l’intervention d’un deuxième contrôle auprès du ministère de l’Economie. Cette charge sera confiée au centre de recherche agro alimentaire du Katanga. CRAA, va finalement déclarer le riz propre à la consommation humaine. Selon des informations en notre possession, une correspondance qui proviendrait du ministère de l’Economie adressée à l’ADG de l’OCC, depuis le mois de juillet, lui demande d’autoriser la mise sur marché de ce riz.

Pourquoi jusqu’à ce jour ce riz traîne encore dans les entrepôts en consignation ? Est-ce pour attendre la décision de la justice qui était saisi du dossier et avait ordonné de consigner les produits pour une éventuelle destruction ? Où c’est l’application de la demande du ministère de l’économie qui pose problème ?

« C’est un dossier très sensible !» C’est en ces termes que répond un des membres du comité de gestion de l’Office congolais de contrôle. Selon cette source, l’OCC est une entreprise technique, elle a fait son travail et le rapport a été transféré à qui de droit. Le travail se limite à ce niveau, a-t-il conclu. Par ailleurs, selon une source judiciaire, le parquet près le tribunal de grande instance de Boma était déjà saisi de l’affaire, et depuis lors, il avait ordonné de sceller tous les entrepôts où sont stockés les 120 mille sacs de riz, c’est ce qui est fait.

Mais pourquoi attribue-t-on le caractère sensible au dossier ? En effet, personne ne veut parler clairement de cette question. Au niveau de l’OCC, la hiérarchie est en réunion de comité de gestion, difficile donc de se pencher sur la situation. Au ministère de l’Economie, toutes les sources que nous avons tenté de contacter, les unes ne sont au courant de rien, les autres ne veulent rien dire à propos de cette saisie. Même les démarches entreprises par radiookapi.net pour tenter de joindre le ministre de l’Economie lui-même sont restées vaines. Entre temps, les 6 000 tonnes de riz déclarées avariées par l’OCC sont toujours en consignation.