Est de la RDC: Quid de l’application du plan de désengagement ?

Pourquoi le cessez-le-feu n’est il toujours pas respecté par les forces en présence ? Et à quand l’application effective du plan de désengagement proposé par la communauté internationale ? Pour le coordonnateur du programme Amani ce plan est déjà opérationnel dans quelques territoires du Nord-Kivu. En ce qui concerne la mobilisation des recettes nécessaire à la coordination de l’appui de ces opérations, l’abbé Apolinaire Malu Malu s’en remet à l’équipe mixte communauté internationale-gouvernement, rapporte radiookapi.net

Le coordonnateur du programme Amani l’a dit au cours de l’émission Dialogue entre Congolais : “ Je vous informe que le désengagement a déjà commencé, dans les territoires de Lubero et de Béni. Et que déjà, il y a 283 personnes au centre de regroupement de Nyialeke venant de Pareco, des Maï-Maï Ruwezori. Ruwezori a commencé déjà le désengagement. On me dit: “on a créé une autre structure”. Non! Nous avons coordonné l’appui à ces opérations et la structure que nous avons créée, c’est le comité de pilotage qui nous l’a demandé. Pour mobiliser les ressources nécessaires, la communauté internationale et le gouvernement doivent se mettre ensemble en équipe mixte, qu’on sâche qui va appuyer quoi”.

Le CNDP demande de négocier avec le gouvernement

Le CNDP estime de son côté que ce plan ne sera effectif que s’il est uniquement négocié avec le gouvernement. Selon Bertrand Bisimwa, le porte-parole, la communauté internationale n’a pas sa raison d’être dans ce plan de désengagement : “ Nous estimons que c’est ne pas avec la Monuc que nous allons nous désengager sur terrain. Nous allons nous désengager avec les troupes du gouvernement. De ce fait, nous devons discuter de ce plan de désengagement avec le gouvernement. C’est ne pas avec la Monuc. La Monuc est une tierce partie et nous pensons que la Monuc ne peut pas imposer un quelconque plan de désengagement aux parties, d’autant plus que le rôle de la Monuc qui lui a été attribué par l’Acte d’engagement est bien connu. La Monuc n’a pas de rôle d’imposition d’un quelconque plan et s’il le fait, alors la Monuc aura violé l’acte d’engagement et là c’est inacceptable. C’est pourquoi, nous disons que le plan de désengagement, nous allons le négocier avec le gouvernement et nous allons l’appliquer après cette négociation là”.

La responsabilité de l’Etat est primordiale

L’analyste politique Phlippe Biyoya pense que la responsabilité de l’Etat est primordiale pour résoudre le problème dans l’Est du pays : “ Je pense personnellement qu’on aurait gagner du temps à responsabiliser plus directement l’Etat à résoudre le problème primordial qui conditionne tout le reste. Résoudre le problème de nationalisation, résoudre le problème de l’absence de l’Etat au Kivu pour que les gens ne viennent pas avec des agendas personnels, pour que tout le monde se retrouve dans un seul agenda qui est, en fait, l’Etat qui garantit à tout le monde de la satisfaction si possible de leur revendication. Qu’il négocie avec responsabilité la prise en charge des questions des uns et des autres plutôt que de créer une structure bureaucratique qui responsabilise ceux qui sont les fauteurs des troubles et qui deviennent des acteurs pour construire la paix. Mais comment voulez-vous engager des gens pour vous construire la paix en leur demandant d’oublier ce qu’ils ont comme agenda personnel, comme cahier de charge”.