RDC : réactions sur le sommet de Nairobi

Gilbert Kiakwama

Gilbert Kiakwama

Le sommet international sur crise dans l’Est de la RDC tenu vendredi à Nairobi au Kenya, a appelé à un cessez-le-feu immédiat des groupes armés du Nord-Kivu ainsi qu’à la mise en place d’un corridor humanitaire. radiookapi.net livre quelques réactions du monde politique et de la société civile.

Gilbert Kiakwama : « Les résultats sont nuls du fait de l’absence de Laurent Nkunda » rnCe député membre de l’opposition conseille au gouvernement congolais d’écouter les revendications du CNDP, ce mouvement rebelle de Laurent Nkunda et de nouer des contacts avec les pays voisins notamment le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Cela pour réfléchir sur la sécurisation de leurs frontières communes et résoudre la question des FDLR. « je trouve dommage qu’on gaspille tant d’énergie et qu’on dérange les chefs d’Etat alors que toutes les dispositions ne sont pas prises pour qu’on arrive à un résultat concret. Comment peut-on délibérer de quelque chose alors qu’un des protagonistes qui est l’ex général Nkunda est absent ? », s’interroge Gilbert Kiakwama. Pourlui donc, les participants à ce sommet sont allés dans la précipitation, le résultat est tout simplement nul.
Le député estime qu’il y a deux dimensions dans la crise de l’Est : « Il y a une dimension intérieure. Nkunda est un Congolais, il est en désaccord avec son gouvernement, dans une démocratie véritable, le gouvernement doit discuter avec n’importe quel citoyen. Il y a la dimension régionale. Ce problème a des implications hors de nos frontières. Il faut donc que nous prenions langue ouvertement avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi pour poser le problème de la sécurisation de nos frontières, des réflexions de cette mouvance depuis 1994 des FDLR, de manière à ce qu’on crée des conditions de vivre ensemble »rnPère Rigobert Minani : le Rwanda est dans le jeurnPour la société civile, l’avantage de cette rencontre de Nairobi est le fait de mettre le Rwanda dans le eu pour la résolution du conflit à l’est de la RDC. Le Père Rigobert Minani, coordonnateur du Réseau des organisations des droits de l’homme et d’éducation civique à inspiration chrétienne, joint depuis Goma, explique : « La crise humanitaire la plus importante c’est d’arrêter la guerre et non pas ouvrir les couloirs. Aujourd’hui, ce qui nous préoccupe nous, pour ce qui est du Nord Kivu, c’est qu’il y a des camps qui ont été dispersés. Et on connaît très bien la région. Si on disperse la population dans des forêts, les montagnes humides comme on le connaît aujourd’hui, il y aura beaucoup de morts, les enfants de moins de 5ans, les femmes enceintes, les vieillards…On a été à Goma pendant plusieurs semaines, on a discuté tous ensemble et dans le futur, du jour au lendemain, les uns et les autres changent de perspective. Ce n’est pas sérieux. Donc je crois que le CNDP devrait pouvoir être par rapport à ce qu’il veut vraiment, par rapport à la région »

Pour lui, la chance de la rencontre de Nairobi c’est le fait qu’on a remis le Rwanda dans le jeu. On avait considéré le CNDP comme un mouvement congolais. Aujourd’hui, avec les derniers affrontements et l’entrée massive de l’armée rwandaise dans les combats, avec les preuves que les Nations Unies mettent sur la table, on doit regarder l’autre frontière pour trouver une paix durable. C’est l’avantage de la rencontre de Nairobi. Il ne suffit pas de s’attaquer aux conséquences qui sont les groupes rebelles, il faut voir le Rwanda qui joue un rôle d’incitation, d’appui et d’aggravation de la situation qui est inacceptable aujourd’hui, précise le prêtre.