Les activistes des droits de l’homme lancent un SOS. Au CPRK (Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa), ex-Prison Makala, les conditions carcérales sont des plus exécrables. Construit initialement pour accueillir au maximum 1 500 détenus, le CPRK en loge actuellement 5 042 qui vivent dans des conditions inhumaines : sans repas ou presque, et sans soins médicaux, rapporte radiookapi.net
L’ex-Prison Makala est donc devenue un mouroir pour ses pensionnaires. « Ici, c’est un enfer. On nous torture en silence. Nous n’avons presque pas de repas. La nourriture que nous avons irrégulièrement s’appelle “Vungure”, qui veut dire : “Vous mourez”, un mélange de haricot et du maïs sans huile. Repas qu’on peut donner à un chien », se lamente un des prisonniers.
Sur place, un petit tour fait dans quelques unes des cellules du lieu ne dément pas les plaintes. Nous sommes à côté d’une chambrette dénommée Cellule 12, d’a peine 1 mètre carré. Une vingtaine de prisonniers y couchent à même le sol. Dans une senteur horrible. De là, nous jetons un regard sur les autres cellules, du pavillon 4 à 7. La situation est pire. Moribonds, malnutris, forcés à la mendicité, les prisonniers racolent les visiteurs sans relâche.
rnMe Ngoma, avocat d’un groupe de ces prisonniers, fait également état de nombreuses irrégularités. Il demande au ministre de la Justice de dépêcher une commission d’enquête pour étudier, au cas pas cas, le dossier de chaque détenu du CPRK. Parmi ceux dont il défend la cause, il y en a qui ont passé 5 ans à la prison mais dont les dossiers sont vides. Leurs juges viennent de leur signifier qu’ils ne savent pas pourquoi ils ont été arrêtés.
« Dans ces conditions là, où les gens dorment pratiquement étouffés, comment est-ce il ne peut pas y avoir des maladies. Nous demandons, par exemple au ministre de la Justice, qu’il puisse constituer une commission d’enquête, qu’on vienne un peu vérifier le dossier de chacun, parce qu’il y a ici à la prison des détenus qui n’ont pas de dossier », plaide Me Ngoma.
Un SOS.
Aveu d’impuissance
Interrogé sur les conditions carcérales, le directeur adjoint du CPRK, M. Pius Mambalunga a quant à lui fait un aveu d’impuissance. « Tout ce qui se passe là bas, je ne vois pas ça [ce n’est pas mon problème]. Pour moi, ce qui est comme préoccupation principale, c’est la libération des détenus », a-t-il tranché. A l’affirmation selon laquelle les autorités carcérales du CPRK percevraient chaque semaine 3 000 francs congolais par détenu, Pius Mambalunga à répondu : « Je vous renvoie à la lecture de l’Interprète qui a tout retenu sommairement : il y a présentement un retard de 5 ou 6 mois… Ils ont interrompu. Leur entretien alimentaire vient du ministère de la Justice, à partir des instances judiciaires là bas. Quand les fournisseurs eux-mêmes ne sont pas payés, comment ils vont livrer d’autres produits. C’est difficile, il faut attendre que le gouvernement livre les produits, pour les entretenir. »
Bambi Luzolo rassure
A toutes ces préoccupations soulevées par les activistes des droits de l’homme, le ministre de la Justice donne des assurances. Concernant la détention irrégulière de certains prisonniers, M. Bambi Luzolo répond que tous les magistrats seront notifiés sur la libération des personnes qui purgent leur détention qui n’est pas régulière. Quant aux mauvaises conditions de détention et au manque de nourriture pour les détenus, il indique qu’il va également y veiller. Cependant, contrairement à l’affirmation du directeur adjoint du CPEK, il souligne qu’il n’y a pas rupture de stocks en nourriture à l’ex-Prison centrale de Makala. « Il n’y a pas rupture de stocks depuis six mois. Mais il y aura probablement rupture de stocks. Nous avons pris des dispositions. Il ne faut pas confondre le fait que les détenus ne mangent pas ils le souhaitent. Ils mangent. Mais, il est probablement souhaitable de dire, ils ne mangent pas comme on ne aurait souhaité qu’ils mangent. Ça, c’est un problème à corriger, nous y veillons. »









