Goma : retours spontanés et massifs des déplacés dans leurs milieux de vie

Camps de déplacés dans le Nord-Kivu

Camps de déplacés dans le Nord-Kivu

La majorité des milliers de déplacés internes, qui vivaient encore dans des camps autour de Goma, ont commencé à retourner dans leurs villages d’origine. Il s’agit d’un «retour spontané», mais aussi «en grand nombre», selon un communiqué du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, HCR, publié et parvenu vendredi à radiookapi.net

Les mouvements de retour spontanés des personnes déplacées internes (IDP) ont été observés de façon continue depuis janvier 2009. Mais, les retours massifs n’ont commencé qu’au début de septembre. Des questionnaires sur les intentions de retour ont montré que 90% des IDP voulaient retourner chez elles, précise le HCR.

Ce qui a pour conséquence, toujours selon cette agence onusienne, de réorienter désormais les activités de protection et d’assistance humanitaire des sites de déplacement autour de Goma vers les zones de retour situées à Masisi et à Rutshuru principalement.

Le HCR estime que ce retour est encouragé par le renforcement de la sécurité dans certaines zones et par d’autres facteurs comme le début de la saison agricole et la rentrée scolaire. Pour l’instant, le HCR et ses partenaires continuent à fournir aux candidats des attestations de retour volontaire, lesquelles faciliteront également l’assistance à la réintégration dans les zones de retour.

Là, ils pourront bénéficier des paquets d’assistance comprenant une ration de nourriture pour 3 mois fournie par le Programme alimentaire mondiale (Pam). A cela s’ajoute un kit non vivres comprenant notamment des ustensiles de cuisine, des bâches en plastique pour abri temporaire, de la paillasse et des couvertures, don du HCR. Pour sa part, la FAO va fournir des semences à planter et des outils agricoles.

Il reste que les craintes sont nombreuses de la part des déplacés eux-mêmes : pour les uns, la réorientation des activités de protection et d’assistance humanitaire n’est rien d’autre qu’un “retour forcé”. Et pour d’autres, plusieurs défis sont à relever, parmi lesquels de nombreux conflits fonciers entre essentiellement les cultivateurs qui retournent et les éleveurs qui avaient investi les terres abandonnées.

De 140 000 au plus fort du conflit du Nord-Kivu en novembre 2008, les déplacésinternes autour de Goma n’étaient évalués qu’à 65 000 seulement en août 2009. Ils vivaient dans 6 camps différents, gérés conjointement par le Gouvernement provincial du Nord-Kivu et le HCR.