Expulsions des Congolais : mise en place d’une commission mixte RDC-Angola

Frontière RDC-Angola

Frontière RDC-Angola

Au moins 25 000 Congolais ont été expulsés d’Angola les deux dernières semaines. La dernière vague de ces expulsés a été enregistrée dimanche avec l’arrivée à Boma, dans le Bas Congo, de plus de 5 000 autres compatriotes. A la tête d’une délégation gouvernementale qui a fait le déplacement de cette ville dimanche, le ministre des Affaires sociales a annoncé la mise en place d’une commission mixte RDC-Angola pour traiter de cette question, rapporte radiookapi.net

Barthélemy Botswali n’a pas avancé une date précise à laquelle cette commission mixte se réunira à cet effet. En attendant, il est question pour le moment de gérer le retour des Congolais déjà expulsés. Au moins 25 000 les quinze derniers jours dont plus de 5 000 sont arrivés dimanche dernier dans la ville portuaire de Boma, dans la province du Bas Congo, selon des ONG locales. « Dès l’annonce des expulsions, le gouverneur s’est rendu sur le lieu, rejoint par le vice-Premier ministre en charge des questions politiques et de sécurité pour encadrer le retour de ces compatriotes », a indiqué le ministre des Affaires sociales du gouvernement central.

Comment mettre fin à cette spirale d’expulsions des compatriotes congolais vivant en Angola ? Pour le ministre Botswali, la solution se trouve d’abord entre les mains des Congolais eux-mêmes. « Il ne faut pas aller en Angola. Qu’est-ce que les Congolais vont chercher là bas ? Vous êtes certains que les conditions sont meilleures en Angola qu’ici ? » s’est interrogé le ministre. Donc, pour ce dernier, la solution c’est que les Congolais doivent rester dans leur pays. Barthélemy Botswali a laissé entendre toutefois que le gouvernement de la RDC a protesté énergiquement auprès des autorités angolaises dès l’annonce de ces expulsions.

La société civile est mécontente du ministre Botswali

La société civile du Bas-Congo estime pour sa part que le gouvernement de la RDC devrait prendre très au sérieux cette question et veiller que les expulsions dont les Congolais d’Angola sont l’objet, se passent suivant le droit humanitaire international. Pamphile Mbwangi, secrétaire provincial de la société civile du Bas Congo et président du Réseau provincial des ONG des droits de l’homme l’a souligné lundi au cours de l’émission Dialogue entre Congolais sur les antennes de Radio Okapi. « J’ai l’envie de pleurer quand le ministre dit : pourquoi les Congolais se rendent en Angola ? Ce n’est pas le moment de faire la morale. C’est le moment de constater que les Congolais sont expulsés dans des conditions inhumaines. Même s’ils auraient posé problème en Angola, il faut que leur rapatriement se fasse dans le respect des normes internationales. Il y a le droit international. » Pour la même source, les autorités angolaises auraient avisé leurs homologues de la RDC de ces expulsions afin de permettre au gouvernement congolais de prendre des dispositions et de se préparer à accueillir ces Congolais.

La RDC expulse aussi

Les expulsions massives des Congolais d’Angola ne datent pas de cette année. C’est depuis 2007 que la question revient presque de manière récurrente à toutes les frontières congolaises avec ce pays (Kasaï, Katanga et Bas Congo). Au point que cette année, en septembre, le gouvernement congolais a décidé d’appliquer le principe de réciprocité en expulsant à son tour les ressortissants angolais (et des Congolais de Brazzaville) en séjour irrégulier. La DGM, (Direction générale de migration) avait salué la décision du gouvernement qu’elle exécute depuis lors en organisant un refoulement par vagues de 30 à 50 personnes. Et pour ce faire, la DGM commence par regrouper les refoulés dans un site bien déterminé pour les reconduire vers leurs pays d’origine. Ceux d’Angola regagnent le leur par les frontières de Lufu et Yema, dans le Bas Congo. Et parmi ces refoulés, certains avaient accompli jusqu’à 20 ans de séjour en RDC sans papiers valables, selon la DGM.

Donc, de part et d’autre des frontières entre la RDC et l’Angola, les expulsions des ressortissants de deux pays jugés en situation irrégulière se poursuivent. Mais c’est la manière qui pose problème, notamment pour les expulsés congolais. Peut-être que la commission mixte dont parle le ministre de la RDC des Affaires sociales permettra aux deux parties de trouver un compris sur la question.