Joseph Kabila : « Nous sommes sur la voie de la normalisation de la situation à l’Est »

Joseph Kabila, Chef d'Etat congolais

Joseph Kabila, Chef d'Etat congolais

Le chef de l’Etat a fait cette déclaration ce lundi devant le congrès réuni au Palais du peuple à Kinshasa, dans son discours annuel sur l’état de la nation. Pour Joseph Kabila, les signes de la restauration de la paix et la sécurité à l’Est de la RDC sont palpables. Mais l’heure n’est pas à l’autosatisfaction, et on ne peut pas baisser la garde, a-t-il reconnu, rapporte radiookapi.net

Concernant l’évolution positive de la situation sécuritaire, le président de la République e a voulu pour preuve, l’exubérance de la vie qui renaît à Goma, une ville à la diversité culturelle et économique, le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine. « Les camps de déplacés commencent à se vider », a ajouté le chef de l’Etat. Et pour ne pas casser l’élan de la normalisation sécuritaire à l’Est, le Joseph Kabila a mis en garde tous les agitateurs impénitents qui veulent perpétuer le pillage des richesses du Congo, en soumettant l’Est du pays dans un « état ni guerre ni paix »rnA ceux qui ont signé l’accord de paix du 3 mars 2009, (Ndlr : allusion faite au CNDP et aux autres ex groupes armés), il a demandé de respecter leurs engagements, avant d’insister, tout en paraphrasant la Bible, qu’ « il y a un temps pour dialoguer, il y a un temps pour appliquer la loi »rnLe chef de l’Etat s’est dit heureux de voir, après plus d’une dizaine d’années, le drapeau national, symbole de l’unité du pays, flotter sur toute l’étendue de la République. Ce qui l’ a fait dire que l’engagement qu’il a pris, celui de rétablir la paix et la sécurité dans le pays, est un pari gagné. Cependant, il a souligné qu’il ne faut pas ralentir les efforts car la paix doit être encore consolidée.

Les infrastructures, l’un des 5 chantiers, en marche</strong »rnLe chef de l’Etat a rappelé que l’année 2009 a été celle de crise économique et financière. La RDC, a-t-il poursuivi, a ressenti le contre coup de cette crise : le taux de croissance est en baisse , tandis que celui de change est hausse. Toutefois, il a soutenu que les réformes engagées depuis 8 ans sont payantes, même si l’impact sur le plan social n’est pas encore perceptible. Ainsi, la relance de la production, les infrastructures, les équipements agricoles ont occupé une pace de choix. Concernant justement les infrastructures, le chef de l’Etat a relevé quelques réalisations : la réhabilitation des axes Kenge-Kikwit, Lubumbashi-Kasumbalesa, Beni-Kisangani, Lisala-Bumba, Mbandaka-Bikoro, pour ne citer que ceux-là. Il a aussi noté la réhabilitation de la voirie urbaine à Kinshasa et dans les chefs-lieux des provinces. Concernant Kinshasa, il a dit avoir l’ambition de réhabiliter 300 kilomètres de route. Il a, dans la foulée, annoncé la construction de la piste et d’un pavillon d’honneur à l’aéroport international de N’djili. Dans un futur proche, sont envisagés la réhabilitation de la SNCC (Société nationale des chemins de fer du Congo), ainsi que la construction d’un port en eau profonde à Banana, entre autres réalisations.

Sur le plan de la construction, le chef de l’Etat a noté la réhabilitation complète et la modernisation de l’IBTP, Institut des bâtiments et des travaux publics, la construction de l’hôpital du centenaire à Kinshasa et d’un centre universitaire à Kindu, la construction de 150 structures hospitalières à travers le pays.

Toutefois, le président de la République a dit que les 5 chantiers n’est pas la seule affaire de l’Etat. Les initiatives privées, par exemple la construction d’un hôtel 5 étoiles sur la place de l’Office des routes à Gombe et un autre à la place de la gare, sont à encourager « Nous devons construire un Congo différent de celui que nous avons hérité, répondre aux aspirations de la population en matière d’infrastructures, d’eau, d’électricité et de nouvelles technologies de télécommunication", a déclaré le président de la République, Tout cela est possible, a-t-il dit, parce qu’il est prévu 1, 4 millard de dollars américains dans le cadre des contrats avec les entreprises chinoises.

Quid de l’impunité et de la corruptionrnLors de son discours d’investiture, il y a exactement trois ans, ( 6 décembre 2006), le chef de l’Etat s’était engagé à mener une lutte contre la corruption et l’impunité. “Fini la récréation, les portes des prisons restent largement ouvertes”, autant des phrases restés célèbres dans son discours. Trois ans après, le constat est, pour beaucoup d’observateurs, décevant. Peu de progrès ont été réalisés dans ce domaine. Lors de son discours sur l’état de la nation ce lundi, le président de la République s’y est peu penché, pour esquisser un bilan. C’est à peine, en recommandant au gouvernement d’envisager des mesures d’assouplissement pour l’investissement que le chef de l’Etat a évoqué la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion de l’Etat.