Bunia: réactions à l'ouverture du procès Ntaganda devant la CPI

En costume sombre et chemise blanche, l'ex-chef rebelle Bosco Ntaganda à l'ouverture de son procès à la CPI, mercredi 2 septembre 2015. © ICC-CPI

A l’ouverture du procès Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale, les avis divergent à Bunia, capitale de l’Ituri, où les crimes reprochés à cet ancien chef milicien auraient été commis en 2002-2003. Le secrétaire général du parti politique «Union des patriotes Congolais» (UPC), dont l’accusé fut le chef d’Etat-Major au moment de la commission des faits, salue le début de ce procès qui, selon lui, va décharger Bosco Ntaganda de toutes les accusations. Par contre, d’autres acteurs politiques et des associations féminines demandent que justice soit faite pour que les victimes rentrent dans leurs droits.

L’ancien mouvement rebelle « Union des patriotes Congolais », transformé en parti politique, reste confiant face aux accusations portées contre son ancien chef d’Etat-Major par la Procureure de la Cour pénale internationale.

Selon son secrétaire général, Jokaba Lambi, ce procès est le bienvenu. Ce parti cher à Thomas Lubanga, lui-même condamné de la CPI, indique que Bosco Ntaganda a été diabolisé faussement et que la vérité sera connue dans ce procès.

«Bosco Ntaganda a été beaucoup diabolisé, pendant que nous nous ne l’avons jamais connu comme tel. Nous attendons que seule la lumière puisse éclater au terme de ce procès», a affirmé Jokaba Lambi.

En revanche, le Forum des mamans de l’Ituri (Fomi), une structure qui lutte contre les violations des droits des femmes, attend une réparation des crimes dont Bosco Ntanganda est accusé d’avoir commis contre des milliers des femmes.

«Qu’on établisse les responsabilités et qu’on punisse les auteurs de toute violence contre le femme pendant la période des conflits armés », a souhaité Jacqueline Budja, coordinatrice du Fomi.
Pascal Ndudanga Kavarios, député national élu de l’Ituri dit aussi attendre un procès équitable et impartial au nom de la paix et de la réconciliation. Selon lui, les juges de la CPI doivent établir les responsabilités de chacun par rapport aux crimes commis en Ituri.

Des enquêtes au Kivu

Pendant ce temps, le chargé de communication de la CPI dans la capitale congolaise, Paul Madidi, a déclaré au cours de la conférence hebdomadaire des Nations unies à Kinshasa que des enquêtes sur des présumés crimes commis par Bosco Ntaganda au Nord-Kivu étaient en cours.

Dans le procès qui s’est ouvert ce mercredi, l’ex-chef rebelle est jugé pour des crimes prétendument commis en Ituri entre 2002 et 2003. Mais, Bosco Ntaganda est aussi soupçonné d’autres crimes commis au Nord-Kivu par des groupes rebelles auxquels il a participé.

« Retenez qu’effectivement pour l’instant Monsieur Bosco Ntaganda n’est poursuivi que pour des crimes commis en Ituri. Je ne peux pas me prononcer sur ce qui se fait actuellement, mais retenez qu’il y a des enquêtes en cours par rapport aux allégations des crimes commis dans le Kivu. Des allégations qui concernent un peu tous les groupes, tous les groupes actifs dans le Kivu. Ça va de CNDP, M23 et même les FARDC sont concernés par ces enquêtes», a déclaré Paul Madidi.
 

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